[Anniversaire] Le Rappel et Le Siècle il y a cent ans

Que pouvait-on découvrir dans la presse quotidienne il y a cent ans le 21 Juillet 1919? Prenons au hasard deux journaux: « Le Siècle » et « Le Rappel » (je n’ai sans doute pas pris ce titre au hasard. Il me rappelle fort opportunément que c’est aujourd’hui mon anniversaire…). Dans « Le Siècle » d’il y a cent ans (page 3) on pouvait découvrir cette publicité pour « À la jeune France tous les vêtements de sports & de ville les mieux assortis » 13, Avenue des Ternes (Paris). Des messieurs fumant, discutant, portant chapeau, casquette vêtements de ville, de campagne ou de sports… Mais peu importe ce qu’ils portaient. Ils discutaient. Ils parlaient certainement de l’actualité: des défilés militaires (14 Juillet à Paris, 19 Juillet à Londres), de la grève  prévue le 21 Juillet qui n’aurait pas lieu, de Georges Clemenceau… Ils commentaient sans doute de la « une du siècle » (sans se douter que cinquante ans plus tard les « unes » titreraient « On a marché sur la Lune »). En attendant, il fallait rester dans « Le Siècle » entre deux batailles, entre deux danseurs…

Entre deux batailles: On a pu lire dans le précédent article de blog que Victor Boret (Ministre du ravitaillement et de l’agriculture) avait démissionné, abandonné de ses collègues. On découvre aujourd’hui qu’il est remplacé par Joseph Noulens, député du Gard (entre deux « batailles » parlementaires. Sous la IIIe République les parlementaires aimaient renverser les gouvernements).

Entre deux danseurs: Il s’agit de l’Anglais et de l’Allemand entre lesquels le Français de 1919 doit choisir explique Maurice de Waleffe.

Dans Le Rappel (journal fondé en 1869 par Auguste Vacquerie, un proche de de Victor Hugo), le ton est plus incisif, plus opposé encore au Gouvernement Clemenceau: « On ne gouverne pas par la force »

L’éditorial signé Edmond Du Mesnil (le directeur) et titré « L’intérêt français » attaque Clemenceau avec véhémence. Qu’on en juge:

Georges Clemenceau allait toutefois résister à l’opinion publique et aux attaques des journalistes jusqu’au 18 Janvier 1920… Il n’était d’ailleurs certainement pas le « démolisseur » peint par Edmond Du Mesnil. Georges Clemenceau n’est pas seulement le vainqueur de la guerre de 14-18. Il restera dans les mémoires comme l’auteur de L’Iniquité, un gros livre de cinq-cent pages consacré à l’Affaire Dreyfus et disponible dans les collections numériques de Gallica BnF.  Clemenceau fut aussi un humaniste, un adversaire du colonialisme dans une controverse célèbre qui l’opposa à Jules Ferry. Un débat retracé dans La Politique coloniale Clemenceau contre Ferry, Editions Magellan&Cie, 2012.

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