Histoire de bizangos » par Fanny Bernard

Je me suis laissé happé en une lecture d’un seul souffle dans cette nouvelle au style alerte, écrite par une amoureuse d’Haïti dont la passion est contagieuse. Fanny Bernard nous fait voir, sentir éprouver par tous les sens, tous les pores de la peau la lumière et les parfums, le tourbillonnement et les bruissements de voix, la présence charnelle et envoutante d’Haïti. À travers le regard, les sensations, les sentiments et les rêves de René, le nouveau proviseur du lycée Français de Port au Prince, le lecteur sens, éprouve et découvre Haïti, sous toutes ses facettes avec la présence vaguement inquiétante des bizangos ces papillons haïtiens à forte charge légendaire et symbolique, avec le charmes des voix, des langues et des corps, avec le mystère de présences féminines un peu énigmatiques mais vigoureusement sculptées dans la matière des mots par la plume de Fanny Bernard. Un récit bref en nombre de mots mais tellement chargé d’émotions et de passions qu’il fait durer infiniment le plaisir de la lecture. J’ai particulièrement apprécié la belle ouverture de la fin qu’il ne faut pas dévoiler. Au terme de cette lecture on ne peut que tomber amoureux d’Haïti la terre de Toussaint Louverture, île à l’histoire chaotique, soumise aux vents les plus contraires. Mais une île au charme si puissant, pourvoyeuse de tant de mots et de beautés et de tant de talents littéraires, de tant de beautés et de tendresses humaines… …que René, le vieux proviseur proche de la retraite m’a semblé au terme de cette histoire être redevenu un adolescent redécouvrant la vie…

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Sous le pseudonyme de LouBSimone, Fanny Bernard a écrit un article sur Haïti sur blog « Heureux qui comme Ulysse » cliquez ici

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IL ÉTAIT UNE PLUME… 14 auteurs 14 nouvelles

Ce recueil de nouvelles, publié par l’association LES PLUMES INDÉPENDANTES, réunit 14 auteurs et 14 nouvelles sur le thème de la plume…

Je l’ai lu avec beaucoup de curiosité, d’intérêt, de surprise, de passion même. Certaines de ces nouvelles sont de véritables coups de cœur. J’ai apprécié l’ensemble, je le dirai à travers les impressions que ces lectures ont suscitées en moi.

J’ai lu avec enthousiasme la nouvelle « PLUME MANQUANTE » de Loli Artésia, c’est même un de mes coups de coeur. Entre mystère et merveilleux, Loli Artésia a réussit à créer un univers poétique, onirique, mêlé de lumières et d’ombres, qui est aussi et surtout une admirable métaphore de la réalité… Ce texte pourrait sans doute figurer un très beau livre pour enfant : un conte qui donne à penser, à rêver, un conte autant pour adultes que pour enfants. J’y ai retrouvé quelque chose de l’univers du Petit prince de Saint Exupéry.

J’ai été infiniment touché par la nouvelle « PLUME SOLITAIRE » de Audrey Martinez, peut-être parce-que j’ai trouvé de multiples raisons de m’identifier au héros de cette nouvelle infiniment touchante. Je me suis autorisé à lire avec une petite larme (de nostalgie ou de bonheur) au coin de l’oeil (celles et ceux qui me connaissent bien comprendront pourquoi). L’émotion amoureuse fait partie intégrante de la vie d’un écrivain.

LA PLUME DE LA HARPIE de Erika Boyer évoque ces histoires que les enfants se racontent le soir, dans le noir pour frissonner après une longue promenade en forêt. À lire ce conte j’ai éprouvé ce sentiment que j’éprouve face à un romantisme à la George Sand et quelque chose qui évoque aussi ce style auroral des auteurs du début de XXe siècle (Le Grand Meaulnes d’Alain Fournier par exemple).

PLUME NOIRE de Lou B Simone raconte la fragile construction d’un jeune homme africain, écartelé entre sa culture, peule, et ses désirs d’ailleurs et d’autrement. Ce récit, dont la fin pourra paraître sombre, est l’une de mes très belles découvertes.. Il conduit à se penser et approfondir les relations entre Afrique et Europe, entre valeurs et cultures différentes, entre clôture et ouverture, la fin tragique amènera chacun à penser son rapport à autrui, à prendre le temps d’écouter et de comprendre.

La nouvelle « LETTRES EN HÉRITAGE » d’Agnès de Cize mérite qu’on s’y arrête. Je l’ai lue avec l’impression de lire un immense roman, c’est un récit court par la taille, relatant une longue histoire familiale faite de zones d’ombres de mémoire et d’oublis…

À LA PORTE… est signé par l’auteur le plus discret du livre (juste une initiale et un signe de ponctuation : G !). Ce conte original et poétique est une belle invitation à réécouter la musique d’un certain L. V.B.

« À HUE ET ABYSSE » d’Attila Valpinson nous fait entrer dans un univers d’une immense originalité qui peut susciter une lecture poétique où on se laisse porter par les mots, par leurs rythmes encore plus que par leur sens : mais cette nouvelle aura plus d’une significations pour qui prendra le temps de s’y attarder…

ÉCHOS signé Antoine Delouhans est un récit de type autobiographique, est-il réel ? Est-il romancé ? On ne se pose pas la question car on est entraîné par sa sincérité, sa simplicité, sa belle humanité. Peut-être que ce court récit se transformera-t-il un jour en un long roman ?

MA PREMIÈRE PLUME de Chris Red saura certainement plaire à de nombreux lecteurs par le thème choisi : les amérindiens, le rapport à la nature…

Dans LA LÉGÈRETÉ DU NON-ÊTRE, Tia Wolff suggère plus qu’elle ne souligne. L’imagination du lecteur s’y glisse pour y brosser sa propre histoire.

Frany Jane Cavalier dans COMMENT LE CHIEN APPRIVOISE UNE PETITE PLUME nous offre une belle illustration du fait que le chien est l’un des meilleurs amis des enfants.

Le recueil se termine sur les nouvelles de Flore Avelin (PLUME) et Hilda Alonso (VORTEX) qui nous entraînent dans le monde de la nuit et de la danse avec des points de vue bien différents mais dans un univers où flirtent ensemble le féminin, le mystère et le fantastique.

Je ne dirai rien de PLUME REBELLE qui ouvre le recueil, chacun comprendra pourquoi (il est signé Pierre Thiry) vous voudrez bien m’en excuser…

Chacune de ces nouvelles augure certainement chez chacun de ces auteurs, de nombreux autres écrits, plus amples, plus développés : de nouveaux livres à venir. Nous les attendons avec impatience.

Vous pourrez découvrir ce recueil IL ÉTAIT UNE PLUME

Le dimanche 16 Septembre au Salon des écrivains Normands à Rouen (Normandie)

Le dimanche 30 Septembre au Salon des plumes indépendantes à Captieux (Aquitaine).

Pour acheter ce recueil cliquez ici.

Le Mauvais temps (Mové tan) par Ludvik Jean-Denis

Le Mauvais temps (Mové tan) de Ludvik Jean-Denis

Ce recueil de nouvelles est dédié par Ludvik Jean-Denis

« À mon papillon,

mon petit bout de paradis,

qui m’a inspiré tant d’histoires. »

Tout le monde aura reconnu dans ce papillon l’île de La Guadeloupe…

Ces nouvelles sont des regards attendris et nostalgiques, enracinés et fiers, amoureux et humoristiques portés sur ce grand papillon des Antilles.

Ce livre est à conseiller à toutes celles et ceux qui sont amoureux de La Guadeloupe, à toutes celles et ceux qui souhaitent faire connaissance de ce territoire des Antilles à travers les regards d’un amoureux de ce petit bout de paradis.

Cette île dont on fait connaissance est celle des Guadeloupéens. On entre pour ainsi dire dans leur psychologie, dans leur intimité. Pour de trop nombreuses personnes, La Guadeloupe est connue comme une destination touristique dont le privilège n’est pas offert à toutes et à tous. Mais si cette île est souvent trop inconnue et méconnue c’est parce-qu’on ne prend pas assez le temps de l’écouter dans sa réalité même.

Ludvik Jean-Denis propose dans ce recueil huit nouvelles qui sont comme des croquis brossés, comme des fenêtres ouvertes pour écouter les murmures de l’île. « Frère de coeur », « Un dimanche à la messe », « Solina », « Kenbwa »… Je vous laisse découvrir les autres titres en achetant le livre.

Ces nouvelles nous font entrer dans le quotidien de l’île. Elles ont pour sujet les Guadeloupéens et La Guadeloupe, les personnages, les paysages, les atmosphères, la psychologie de chacun est présenté en traits rapides, rapidement tracés, avec habileté, avec humanité…. Avec cette fragilité empreinte de maladresse (ou de mâle adresse), signe que l’auteur est humain, pleinement humain, entier. Ludvik Jean-Denis est jeune, Antillais, empli de fougue et d’amour pour son objet d’enthousiasme : écrire La Guadeloupe.

La prose de ses nouvelles est vivante, enracinée sur la terre dont il est question, ancrée dans la mer des Caraïbes. Elle évoque le goût du rhum antillais, celui qui ne s’oublie jamais si on l’a goûté une fois sous les tropiques, elle évoque l’accent antillais celui qui ne s’oublie jamais si on l’a écouté une fois avec la reconnaissance de celui qui a eu à vivre une fois dans sa vie l’immense générosité Antillaise.

Dans ces nouvelles, le sourire et l’humour, les petites passions humaines et le sublime de la nature, les sauts vertigineux dans le vide et les miracles de rencontres inattendues s’entrecroisent pour le plus grand bonheur du voyageur des mots qu’est le lecteur. Les chutes surprennent ou font sourire. Le genre de la nouvelle n’est pas facile à manier, les nouvelles de Ludvik Jean-Denis relèvent le défi. Elles sont fraîches et vives comme l’ouvrage d’un jeune écrivain qui un jour en pleine maturité nous offrira un maître ouvrage où jailliront toutes les promesses de feu d’artifices qui pétillent déjà dans ces histoires courtes.

Présentation de l’éditeur

« Depuis quelques temps, Zouti rentrait bredouille de ses virées en mer. Les fonds marins n’avaient pas le moindre poisson à lui offrir. Cette situation n’était plus tenable car il avait une grande famille à nourrir.
Jour après jour, il retournait au large de la Pointe des Châteaux, braver l’océan Atlantique houleux et capricieux comme à son habitude, avec sa petite barque.
Zouti était confiant et savait que ça mordrait tôt ou tard. Il croyait en sa bonne étoile et à son défunt père marin qui veillait sur lui. »
37 pages
Editeur: BoD
Parution: 2 mai 2018
Edition: e-book

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« La délivrance de l’accordéon » par Loli Artésia

Sur la couverture il est écrit « poésie ». Je ne sais pas bien ce que c’est que la poésie (ce mot aux contours flous, brumeux, printanier ou automnal, superbe ou gredin). Ce que je sais en revanche c’est l’enthousiasme suscité en moi par la lecture du titre. Sur la couverture, au dessus de « poésie » on lit « La délivrance de l’accordéon ».

À la lumière de ces cinq mots, immédiatement les images défilent, comme au cinématographe. Elles surgissent comme des promesses d’un univers à nul autre pareil, dessins animés tourbillonnants, films muets assourdissants, drames réalistes, aventures picaresques, mélodies envoûtantes…

Comment y résister ?

Dès la parution de ce petit livre de Loli Artésia, je me suis rué dans mon magasin à livres.

« La délivrance de l’accordéon ! »

Il me fallait immédiatement. Je l’ai acheté. Je l’ai ouvert et refermé, comme un accordéon. Je l’ai ouvert et refermé, non sans avoir déroulé d’une traite à l’allure d’un fox-trot, en un souffle, tous les textes inclus sous ce titre fabuleux. Depuis, il est allongé à la place d’honneur sur ma table de nuit, félin, silencieux ou bavard.

Il paresse.

Mais je ne le laisse pas se reposer. Je l’ouvre avec délice, quand ça me chante.

J’aime savourer l’un ou l’autre des poèmes de Loli Artésia.

Je ne sais pas ce que c’est qu’un « poème » mais il faut bien avouer que ce mot va comme un gant aux arpèges de mots de Loli Artésia. Certains vous réchauffent de leurs rayons éblouissants comme un tableau de Botticelli. D’autres vous enchantent comme de vieux souvenirs d’enfance, certains vous agrippent, vous griffent, vous boxent ou vous caressent. Les uns d’un œil superbe vous entraînent malicieusement dans une farandole espiègle. D’autres sont tristes ou nostalgiques, blafards, comme une rencontre au crépuscule entre Arthur Rimbaud et Léon Spillaert.

Les vers y circulent en tout sens, lumineux ou souterrains, invitant à redécouvrir le monde sous une lumière inimitable. J’adore ce livre. Injustement. Je le lis et le relis, le feuillette et le contemple. J’y cours en un sprint époustouflant. J’y rêve en un rêve éveillé. C’est un coup de coeur. J’adore ce livre. Il me passionne. Si c’est cela la poésie j’en suis amoureux. Elle est modeste et simple, imprévisible, abrupte et sans concession, surprenante et souvent vertigineuse :

« Hop ! Se décroche

« La nacelle

« Finie la balancelle

« Et le violoncelle

« Sonne faux

« Dégringolade… »

Mon opinion sur les poèmes de Loli Artésia est aussi injuste qu’une dégringolade amoureuse.

J’adore.

Je pourrais m’abandonner à une avalanche infinie de superlatifs…

En dégringolade…

Mais je sais que nous sommes sur internet. Si j’en ajoute vous ne me lirez pas. Alors laissez-moi juste vous supplier en douze mots de prose : « achetez tout de suite La délivrance de l’accordéon de Loli Artésia ! »

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Une princesse pas comme les autres…

Invitation à la lecture de Chroniques d’une princesse machiavélique de Lily B.Francis

Nicolas Machiavel, en rédigeant « Le Prince », Victor Hugo, en créant ces personnages devenus universels : Phoebus et Esmeralda dans « Notre-Dame de Paris », se doutaient-ils qu’un jour Lily B.Francis allait écrire « Chroniques d’une Princesse Machiavélique » ? une saga romanesque dans laquelle Esmeralda et Phoebus joueraient un rôle important ?

Nul besoin d’avoir lu « Le Prince » de Machiavel ou « Notre-Dame de Paris » de Hugo pour lire la saga de Lily B.Francis. « Chroniques d’une princesse machiavélique » se décline en plusieurs volumes, telle une véritable saga dont la protagoniste principale est Agnès « la princesse machiavélique ». Je n’ai lu que le premier volume (je ne suis pas sûr de lire les suivants mais sait-on jamais…). J’ai pris grand plaisir à cette lecture. Il y a beaucoup de personnages dans cette histoire, Agnès et son groupe de copines, Esmeralda et sa troupe de Colombiens (des Colombiens particuliers ils gens du voyage originaires d’Europe centrale). Ce roman se lit facilement, à la manière dont on sirote une orangeade lors d’une soirée d’été sur la terrasse calme d’un petit village méditerranéen. À cette lecture on retrouve ces plaisirs de nos lectures d’enfant (« Club des cinq » ou « Clan des sept ») les intrigues ficelées par Lily B.Francis y ont ce mouvement entraînant qui happe le regard du lecteur et le tient en haleine jusqu’au bout du livre. On y retrouve l’intensité des amours adolescentes : découvertes des premiers émois amoureux, des premières déceptions, des premiers exploits amoureux, des barrières que l’on croyait infranchissables que l’on franchit d’un seul coup entraîné par la force des sentiments. Agnès aime Phoebus qui aime Esmeralda. À partir de ce triangle amoureux Lily B.Francis nous invite à vivre durant 430 pages les tactiques virtuoses d’Agnès pour arriver à ses fins. Agnès n’est pas une princesse comme les autres. Les personnages vivent dans un milieu de bourgeoisie aisée, à l’abri du besoin matériel mais non pas à l’abri d ‘imprévisibles ouragans amoureux, ce ne sont pas des aristocrates mais dans cette histoire il reste quelque chose de l’amour courtois des troubadours…

Visiblement Lily B.Francis a pris plaisir à écrire ce texte. C’est ce qui nous le rend sympathique. Ce roman a reçu 36 critiques sur la plateforme Amazon.com (cliquez ici « clic » pour les lire). Ce roman a même ses fans inconditionnels (voir cette critique de Sofia du blog « BooksCritics » cliquez ici « clic »). Si vous cherchez un livre facile à lire pour vous faire rêver à des ailleurs ensoleillés, si aimez vous passionner pour les histoires d’amour improbables, alors ce livre est pour vous.

Quatrième de couverture

« Agnès n’en revient pas !
Le voile du déni vient de se lever et elle réalise qu’elle est toujours amoureuse de son meilleur ami, le magnifique Phoebus Rolland.
Ce serait le début d’une superbe histoire d’amour s’il næ’était pas en couple depuis 7 ans !
Tant pis, Agnès tente le tout pour le tout.
C’est fun, c’est frais, c’est fou, sauf qu’elle oublie complètement que si elle sème le vent, elle récoltera la tempête ! »

Lily B. Francis signera ce livre (et d’autres volumes de la saga) au Salon Livre Paris le Samedi 18 mars 2018 lors de l’événement « Des Princesses et des livres » qui vous permettra aussi de découvrir mon petit album jeunesse « La Princesse Élodie de Zèbrazur et Augustin le chien qui faisait n’importe quoi. » (cliquez ici « clic »).

À découvrir: le blog Chroniques d’une princesse machiavélique cliquez ici « clic ».

Micheline Cumant: Nestor, un cheval dans la grande armée, Editions BoD 2017

La bataille de Waterloo a souvent inspiré les écrivains français en offrant aux lecteurs des moments de lecture aux émotions variées, aux couleurs multiples. Il y a cette interminable description de Victor Hugo dans Les Misérables. Elle s’étend sur plusieurs pages. Elle est détaillée, précise et ciselée comme une carte d’état major. Il y a la description de Stendhal dans La Chartreuse de Parme. Le héros s’y retrouve entraîné dans un tourbillon auquel il ne comprend pas grand chose. Le lecteur s’y retrouve secoué comme dans un panier à salades. Dorénavant, il faudra ajouter à cette liste des batailles de Waterloo littéraires, celle de Micheline Cumant dans son nouveau roman paru au mois de juillet 2017. Comme chez Stendhal, la bataille est décrite de l’intérieur, mais cette fois par Nestor… Nestor le majordome du Capitaine Haddock de Moulinsart ? Non vous n’y êtes pas. Nestor est un cheval, un cheval auvergnat. « Nestor, un cheval dans la grande armée » tel est le titre de ce roman. Un roman palpitant où l’on redécouvre l’épopée napoléonienne à travers le regard du cheval Nestor et de ses amis. Ses amis sont des chevaux, autant que des être humains, tant il est vrai que le cheval est sans doute le meilleur ami de l’homme. Méfiez-vous (ceci étant dit entre parenthèses) lorsque vous dites cela de ne pas le dire devant un chien, les chiens se sont toujours imaginé que c’étaient eux les meilleurs amis des hommes, ainsi Augustin pense être le meilleur ami d’Elodie dans mon petit livre « La Princesse Élodie de Zèbrazur et Augustin le chien qui faisait n’importe quoi ». Mais fermons la parenthèse autour de cette petite histoire pour retrouver la grande histoire. Car c’est bien la grande histoire que Micheline Cumant nous fait parcourir à travers ce roman admirablement rythmé dont la cadence est donnée dès le prélude avec quatre magnifiques vers d’Edmond Rostand extraits de l’Acte 2 Scène 8 de sa pièce de théâtre « L’Aiglon » :

« Et nous, les petits, les obscurs, les sans grades

Nous qui marchions fourbus, blessés, crottés malades

Sans espoir de duchés ni de dotations

Nous qui marchions toujours et jamais n’avancions… »

Le récit de ce roman galope et entraîne le lecteur qui savoure avec plaisir une prose agile et flamboyante. Le cheval Nestor traverse l’Europe de Iéna à Moscou de batailles victorieuses en batailles victorieuses (mais peu glorieuses dans le regard des chevaux qui sont dans ce livre bien souvent plus philosophes que les hommes qui les chevauchent). Puis il la retraverse dans l’autre sens de la retraite de Russie à la bataille de Waterloo… Au milieu d’un tel maelström, d’un bout à l’autre du roman, Nestor reste sage et philosophe, dictant à Micheline Cumant ce roman qu’elle nous transmet fidèlement. On sent qu’il était en confiance car il lui a confié jusqu’à ses pensées secrètes et souvent lucides. Par exemple en plein cœur de la bataille de Waterloo :

« Au bout d’un moment, nous arrivâmes sur une chaussée pavée, j’entendis que nous étions près de Charleroi, et que les Anglais se massaient vers le Mont Saint Jean. Mais je n’eut pas le temps de discuter de stratégie avec mes confrères, car bientôt nous eûmes à charger les dragons anglais. Enfin de l’action ! »

De l’action, il y en a dans ce roman à foison, mais aussi des sentiments et une richesses de détails souvent très bien documentés, on ne trouve pas moins de 37 notes en bas de page où le lecteur est invité à s’élargir l’esprit. On y apprend que le mariage civil date en France du 20 septembre 1792 que « le fait de lécher, pour un cheval traduit souvent un manque de sel » que le 14 juin est la date des batailles de Marengo (1800) et de Friedland (1807), que « le sabretache est une sacoche de selle, placée à côté du fourreau du sabre », que la race de chevaux lipizzane, élaborée pour la cour d’Autriche au mars de Lipica, sur le territoire de l’actuelle Slovénie, près de la frontière italienne a des origines espagnoles, arabes et de Bohême. Elle est celle des chevaux de l’Ecole espagnole d’équitation de Vienne, fondée au XVIe siècle spécialisée dans le dressage de haut niveau, on y apprend enfin, dans le chapitre sur Waterloo que « La Victoire en chantant » est un chant patriotique composé par le compositeur Étienne Méhul et le poète Marie-Joseph Chénier en 1794…. » Comme Georges Perec, Nestor aime les notes en bas de page c’est peut-être aussi pour cela que j’ai trouvé ce petit roman si passionnant. Je vous le conseille vivement.

Vous pourrez retrouver Micheline Cumant lors d’une séance de dédicaces au Salon Livre Paris, le Dimanche 18 mars de 10h00 à 12h00 sur le stand E12 de BoD cliquez ici « clic » (Une séance qui sera immédiatement suivie, à 12h00 par les dédicaces de « La Princesse Élodie de Zèbrazur et Augustin le chien qui faisait n’importe quoi » par ses illustrateurs Samar et Hani Khzam cliquez ici « clic »). Si vous êtes au Salon Livre Paris le 18 mars entre 10h00 et 14h00 vous pourrez donc faire d’une pierre deux coups en achetant « Nestor, un cheval dans la Grande Armée » puis « La Princesse Élodie de Zèbrazur et Augustin le chien qui faisait n’importe quoi ».

Résumé de l’éditeur

« Et nous, les petits, les obscurs, les sans-grades… » Ainsi débute la tirade du vieux grognard Flambeau, dans la pièce « L’Aiglon », d’Edmond Rostand. Dans la Grande Armée de Napoléon 1er, il y a les hommes, mais il y a aussi les chevaux. Eux qui pendant des siècles ont porté les hommes à la guerre, et à qui on n’a jamais rien demandé, ne sont-ils pas aussi des « obscurs et sans-grades » ? La parole est donnée au cheval Nestor, qui rejoignit l’armée impériale au lendemain d’Austerlitz, et participa à l’aventure de la Grande Armée jusqu’à Waterloo. En compagnie de son cavalier, le simple soldat Henri Fourneau, il va suivre Napoléon dans sa conquête de l’Europe, mais aussi dans la retraite de Russie et affrontera la coalition des alliés au cours de la bataille qui mettra fin au Premier Empire. « Nos chevaux, ce sont nos jambes », dit le cavalier. Loin des spéculations politiques, des stratégies militaires, des luttes de pouvoir, les soldats, pour beaucoup arrachés au monde paysan, souvent illettrés, soignent leurs chevaux qu’ils considèrent comme leurs amis, cherchent à tirer de petits profits et méditent sur les desseins des grands. Avancer, se battre, tuer… La guerre, c’est leur métier, celui du soldat et celui du cheval.

Nestor, un cheval dans la grande armée sur Amazon.fr cliquez ici « clic ».

Blog de Micheline Cumant cliquez ici « clic ».

Too much class… par Catherine Laboubée

 « Il y a peut-être une fée qui distribue, comme ça des étoiles. Il y a des étoiles qui ont dû tomber à Boston, à Los Angeles, à Rouen… » Cette phrase Dominique Laboubée l’a paraît-il prononcée lors d’un soirée « Rock à Rouen » des Enfants du Rock…

Dominique Laboubée était le chanteur et guitariste du groupe « Les Dogs » « Dogs » ou « The Dogs » (les trois dénominations ont existé durant l’histoire de ce groupe). « Dogs » est un des groupes emblématique de la scène mondiale et Rouennaise des dernières décennies du vingtième siècle et des premières années du vingt-et-unième. Tous ceux qui ont connu cette époque et qui écoutaient du Rock s’en souviennent. Ceux qui n’écoutaient pas de Rock connaissaient néanmoins le groupe « Dogs ». Je me souviens en avoir entendu parler pour la première fois dans les années quatre-vingt par des cousins parisiens qui m’avaient expliqué que j’avais bien de la chance d’habiter à Rouen la capitale du Rock depuis que les « Dogs » avaient commencé à exister. Je n’étais pas un spécialiste du Rock, j’écoutais plutôt de la musique baroque (Didon et Énée de Purcell…) mais je faisais confiance à mes cousins.

« Dogs » dans les années quatre-vingt évoquaient donc pour le jeune homme que j’étais, un symbole qui faisait de Rouen, une sorte de nouvel Etat Américain… C’était exotique et mystérieux… Le nom « Dogs » a toujours eu pour moi cette part de mystère d’inconnu à découvrir, d’étrangeté familière car ce groupe était Rouennais, avec un chanteur Rouennais que l’on pouvait même croiser dans la rue. Ceci étant précisé pour dire dans quel état d’esprit je me suis plongé dans le livre de Catherine Laboubée « Too much class… » Est-il besoin d’ajouter que j’ai dévoré ce livre comme un roman palpitant ? Ce bouquin foisonnant est palpitant de vie. On y découvre l’histoire des « Dogs », on y apprend énormément sur ce Rock français si particulier qui ne s’exprimait qu’en Anglais, une musique de rebelles, d’expérimentateurs, d’explorateurs, de « bidouilleurs de sons » avec les moyens du bord, à l’époque ces moyens du bord étaient les guitares électriques.

Le groupe des « Dogs » c’est d’abord une bande de copains, autour de Dominique Laboubée qui décident de faire de la musique. Il a fallu s’y reprendre à plusieurs fois, le groupe de la fin n’était pas tout à fait celui du début mais les fidélités amicales autour de cette passion commune ont toujours été là. Catherine Laboubée raconte cette histoire avec sa précision d’historienne mais aussi avec toute la richesse de ses sentiments de grande sœur. Catherine Laboubée n’est pas seulement l’historienne, auteur du livre, elle est aussi la grande sœur de Dominique Laboubée. C’est ce qui donne à cet ouvrage cet aspect de chef d’oeuvre. C’est un magnifique objet, rempli de photos, de dessins, d’encadrés où s’emmêlent témoignages, bandes-dessinées, couverture de livres, vieilles affiches, photos de concerts et quelques touches de souvenirs familiaux… Cela forme un objet « Too much class » qui peut se lire comme un roman, se consulter comme un bel album d’images, se savourer comme un bel objet rétro, se feuilleter comme un vieux bouquin pour y retrouver des saveurs d’électrophone… Le titre du livre fait référence au titre du groupe Too Much Class For The Neighbourhood (vidéo ci-dessous)

Je recommande ce livre à tous les passionnés de musique, à tous les passionnés de vie, à tous ceux qui s’interrogent sur la manière dont il faut chevaucher les fougueuses passions échevelées qui font parfois naître ces petits instants de poésie sans lesquels la vie ne vaudrait pas d’être vécue.

Dominique Laboubée était un poète et il appréciait Bouvard et Pécuchet de Gustave Flaubert. Ne serait-ce que pour ces raisons, il fallait que je publie aujourd’hui cette invitation à la lecture.

Si vous êtes dans les environs de Rouen ce dimanche 16 Septembre vous pourrez retrouver Catherine Laboubée et son livre « Too Much Class » au 7e Salon des écrivains normands. Vous pourrez ainsi acheter son livre et vous le faire dédicacer). Cliquez ici

(vous pourrez aussi m’y rencontrer, j’y serai avec La Princesse Elodie de Zèbrazur et Augustin le chien qui faisait n’importe quoi,

Sansonnets un cygne à l’envers et quelques autres bouquins cliquez ici…)

Catherine Laboubée, « Too much class… Dogs l’histoire », Editions La Belle Saison 2013. 317 pages (nombreuses illustrations). Prix 35€

Site internet de Catherine Laboubée cliquez ici.

Pour en savoir plus sur le groupe Dogs consultez le site internet qui lui rend hommage cliquez ici