Histoire de bizangos » par Fanny Bernard

Je me suis laissé happé en une lecture d’un seul souffle dans cette nouvelle au style alerte, écrite par une amoureuse d’Haïti dont la passion est contagieuse. Fanny Bernard nous fait voir, sentir éprouver par tous les sens, tous les pores de la peau la lumière et les parfums, le tourbillonnement et les bruissements de voix, la présence charnelle et envoutante d’Haïti. À travers le regard, les sensations, les sentiments et les rêves de René, le nouveau proviseur du lycée Français de Port au Prince, le lecteur sens, éprouve et découvre Haïti, sous toutes ses facettes avec la présence vaguement inquiétante des bizangos ces papillons haïtiens à forte charge légendaire et symbolique, avec le charmes des voix, des langues et des corps, avec le mystère de présences féminines un peu énigmatiques mais vigoureusement sculptées dans la matière des mots par la plume de Fanny Bernard. Un récit bref en nombre de mots mais tellement chargé d’émotions et de passions qu’il fait durer infiniment le plaisir de la lecture. J’ai particulièrement apprécié la belle ouverture de la fin qu’il ne faut pas dévoiler. Au terme de cette lecture on ne peut que tomber amoureux d’Haïti la terre de Toussaint Louverture, île à l’histoire chaotique, soumise aux vents les plus contraires. Mais une île au charme si puissant, pourvoyeuse de tant de mots et de beautés et de tant de talents littéraires, de tant de beautés et de tendresses humaines… …que René, le vieux proviseur proche de la retraite m’a semblé au terme de cette histoire être redevenu un adolescent redécouvrant la vie…

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Sous le pseudonyme de LouBSimone, Fanny Bernard a écrit un article sur Haïti sur blog « Heureux qui comme Ulysse » cliquez ici

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Le Mauvais temps (Mové tan) par Ludvik Jean-Denis

Le Mauvais temps (Mové tan) de Ludvik Jean-Denis

Ce recueil de nouvelles est dédié par Ludvik Jean-Denis

« À mon papillon,

mon petit bout de paradis,

qui m’a inspiré tant d’histoires. »

Tout le monde aura reconnu dans ce papillon l’île de La Guadeloupe…

Ces nouvelles sont des regards attendris et nostalgiques, enracinés et fiers, amoureux et humoristiques portés sur ce grand papillon des Antilles.

Ce livre est à conseiller à toutes celles et ceux qui sont amoureux de La Guadeloupe, à toutes celles et ceux qui souhaitent faire connaissance de ce territoire des Antilles à travers les regards d’un amoureux de ce petit bout de paradis.

Cette île dont on fait connaissance est celle des Guadeloupéens. On entre pour ainsi dire dans leur psychologie, dans leur intimité. Pour de trop nombreuses personnes, La Guadeloupe est connue comme une destination touristique dont le privilège n’est pas offert à toutes et à tous. Mais si cette île est souvent trop inconnue et méconnue c’est parce-qu’on ne prend pas assez le temps de l’écouter dans sa réalité même.

Ludvik Jean-Denis propose dans ce recueil huit nouvelles qui sont comme des croquis brossés, comme des fenêtres ouvertes pour écouter les murmures de l’île. « Frère de coeur », « Un dimanche à la messe », « Solina », « Kenbwa »… Je vous laisse découvrir les autres titres en achetant le livre.

Ces nouvelles nous font entrer dans le quotidien de l’île. Elles ont pour sujet les Guadeloupéens et La Guadeloupe, les personnages, les paysages, les atmosphères, la psychologie de chacun est présenté en traits rapides, rapidement tracés, avec habileté, avec humanité…. Avec cette fragilité empreinte de maladresse (ou de mâle adresse), signe que l’auteur est humain, pleinement humain, entier. Ludvik Jean-Denis est jeune, Antillais, empli de fougue et d’amour pour son objet d’enthousiasme : écrire La Guadeloupe.

La prose de ses nouvelles est vivante, enracinée sur la terre dont il est question, ancrée dans la mer des Caraïbes. Elle évoque le goût du rhum antillais, celui qui ne s’oublie jamais si on l’a goûté une fois sous les tropiques, elle évoque l’accent antillais celui qui ne s’oublie jamais si on l’a écouté une fois avec la reconnaissance de celui qui a eu à vivre une fois dans sa vie l’immense générosité Antillaise.

Dans ces nouvelles, le sourire et l’humour, les petites passions humaines et le sublime de la nature, les sauts vertigineux dans le vide et les miracles de rencontres inattendues s’entrecroisent pour le plus grand bonheur du voyageur des mots qu’est le lecteur. Les chutes surprennent ou font sourire. Le genre de la nouvelle n’est pas facile à manier, les nouvelles de Ludvik Jean-Denis relèvent le défi. Elles sont fraîches et vives comme l’ouvrage d’un jeune écrivain qui un jour en pleine maturité nous offrira un maître ouvrage où jailliront toutes les promesses de feu d’artifices qui pétillent déjà dans ces histoires courtes.

Présentation de l’éditeur

« Depuis quelques temps, Zouti rentrait bredouille de ses virées en mer. Les fonds marins n’avaient pas le moindre poisson à lui offrir. Cette situation n’était plus tenable car il avait une grande famille à nourrir.
Jour après jour, il retournait au large de la Pointe des Châteaux, braver l’océan Atlantique houleux et capricieux comme à son habitude, avec sa petite barque.
Zouti était confiant et savait que ça mordrait tôt ou tard. Il croyait en sa bonne étoile et à son défunt père marin qui veillait sur lui. »
37 pages
Editeur: BoD
Parution: 2 mai 2018
Edition: e-book

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Une princesse pas comme les autres…

Invitation à la lecture de Chroniques d’une princesse machiavélique de Lily B.Francis

Nicolas Machiavel, en rédigeant « Le Prince », Victor Hugo, en créant ces personnages devenus universels : Phoebus et Esmeralda dans « Notre-Dame de Paris », se doutaient-ils qu’un jour Lily B.Francis allait écrire « Chroniques d’une Princesse Machiavélique » ? une saga romanesque dans laquelle Esmeralda et Phoebus joueraient un rôle important ?

Nul besoin d’avoir lu « Le Prince » de Machiavel ou « Notre-Dame de Paris » de Hugo pour lire la saga de Lily B.Francis. « Chroniques d’une princesse machiavélique » se décline en plusieurs volumes, telle une véritable saga dont la protagoniste principale est Agnès « la princesse machiavélique ». Je n’ai lu que le premier volume (je ne suis pas sûr de lire les suivants mais sait-on jamais…). J’ai pris grand plaisir à cette lecture. Il y a beaucoup de personnages dans cette histoire, Agnès et son groupe de copines, Esmeralda et sa troupe de Colombiens (des Colombiens particuliers ils gens du voyage originaires d’Europe centrale). Ce roman se lit facilement, à la manière dont on sirote une orangeade lors d’une soirée d’été sur la terrasse calme d’un petit village méditerranéen. À cette lecture on retrouve ces plaisirs de nos lectures d’enfant (« Club des cinq » ou « Clan des sept ») les intrigues ficelées par Lily B.Francis y ont ce mouvement entraînant qui happe le regard du lecteur et le tient en haleine jusqu’au bout du livre. On y retrouve l’intensité des amours adolescentes : découvertes des premiers émois amoureux, des premières déceptions, des premiers exploits amoureux, des barrières que l’on croyait infranchissables que l’on franchit d’un seul coup entraîné par la force des sentiments. Agnès aime Phoebus qui aime Esmeralda. À partir de ce triangle amoureux Lily B.Francis nous invite à vivre durant 430 pages les tactiques virtuoses d’Agnès pour arriver à ses fins. Agnès n’est pas une princesse comme les autres. Les personnages vivent dans un milieu de bourgeoisie aisée, à l’abri du besoin matériel mais non pas à l’abri d ‘imprévisibles ouragans amoureux, ce ne sont pas des aristocrates mais dans cette histoire il reste quelque chose de l’amour courtois des troubadours…

Visiblement Lily B.Francis a pris plaisir à écrire ce texte. C’est ce qui nous le rend sympathique. Ce roman a reçu 36 critiques sur la plateforme Amazon.com (cliquez ici « clic » pour les lire). Ce roman a même ses fans inconditionnels (voir cette critique de Sofia du blog « BooksCritics » cliquez ici « clic »). Si vous cherchez un livre facile à lire pour vous faire rêver à des ailleurs ensoleillés, si aimez vous passionner pour les histoires d’amour improbables, alors ce livre est pour vous.

Quatrième de couverture

« Agnès n’en revient pas !
Le voile du déni vient de se lever et elle réalise qu’elle est toujours amoureuse de son meilleur ami, le magnifique Phoebus Rolland.
Ce serait le début d’une superbe histoire d’amour s’il næ’était pas en couple depuis 7 ans !
Tant pis, Agnès tente le tout pour le tout.
C’est fun, c’est frais, c’est fou, sauf qu’elle oublie complètement que si elle sème le vent, elle récoltera la tempête ! »

Lily B. Francis signera ce livre (et d’autres volumes de la saga) au Salon Livre Paris le Samedi 18 mars 2018 lors de l’événement « Des Princesses et des livres » qui vous permettra aussi de découvrir mon petit album jeunesse « La Princesse Élodie de Zèbrazur et Augustin le chien qui faisait n’importe quoi. » (cliquez ici « clic »).

À découvrir: le blog Chroniques d’une princesse machiavélique cliquez ici « clic ».

Too much class… par Catherine Laboubée

 « Il y a peut-être une fée qui distribue, comme ça des étoiles. Il y a des étoiles qui ont dû tomber à Boston, à Los Angeles, à Rouen… » Cette phrase Dominique Laboubée l’a paraît-il prononcée lors d’un soirée « Rock à Rouen » des Enfants du Rock…

Dominique Laboubée était le chanteur et guitariste du groupe « Les Dogs » « Dogs » ou « The Dogs » (les trois dénominations ont existé durant l’histoire de ce groupe). « Dogs » est un des groupes emblématique de la scène mondiale et Rouennaise des dernières décennies du vingtième siècle et des premières années du vingt-et-unième. Tous ceux qui ont connu cette époque et qui écoutaient du Rock s’en souviennent. Ceux qui n’écoutaient pas de Rock connaissaient néanmoins le groupe « Dogs ». Je me souviens en avoir entendu parler pour la première fois dans les années quatre-vingt par des cousins parisiens qui m’avaient expliqué que j’avais bien de la chance d’habiter à Rouen la capitale du Rock depuis que les « Dogs » avaient commencé à exister. Je n’étais pas un spécialiste du Rock, j’écoutais plutôt de la musique baroque (Didon et Énée de Purcell…) mais je faisais confiance à mes cousins.

« Dogs » dans les années quatre-vingt évoquaient donc pour le jeune homme que j’étais, un symbole qui faisait de Rouen, une sorte de nouvel Etat Américain… C’était exotique et mystérieux… Le nom « Dogs » a toujours eu pour moi cette part de mystère d’inconnu à découvrir, d’étrangeté familière car ce groupe était Rouennais, avec un chanteur Rouennais que l’on pouvait même croiser dans la rue. Ceci étant précisé pour dire dans quel état d’esprit je me suis plongé dans le livre de Catherine Laboubée « Too much class… » Est-il besoin d’ajouter que j’ai dévoré ce livre comme un roman palpitant ? Ce bouquin foisonnant est palpitant de vie. On y découvre l’histoire des « Dogs », on y apprend énormément sur ce Rock français si particulier qui ne s’exprimait qu’en Anglais, une musique de rebelles, d’expérimentateurs, d’explorateurs, de « bidouilleurs de sons » avec les moyens du bord, à l’époque ces moyens du bord étaient les guitares électriques.

Le groupe des « Dogs » c’est d’abord une bande de copains, autour de Dominique Laboubée qui décident de faire de la musique. Il a fallu s’y reprendre à plusieurs fois, le groupe de la fin n’était pas tout à fait celui du début mais les fidélités amicales autour de cette passion commune ont toujours été là. Catherine Laboubée raconte cette histoire avec sa précision d’historienne mais aussi avec toute la richesse de ses sentiments de grande sœur. Catherine Laboubée n’est pas seulement l’historienne, auteur du livre, elle est aussi la grande sœur de Dominique Laboubée. C’est ce qui donne à cet ouvrage cet aspect de chef d’oeuvre. C’est un magnifique objet, rempli de photos, de dessins, d’encadrés où s’emmêlent témoignages, bandes-dessinées, couverture de livres, vieilles affiches, photos de concerts et quelques touches de souvenirs familiaux… Cela forme un objet « Too much class » qui peut se lire comme un roman, se consulter comme un bel album d’images, se savourer comme un bel objet rétro, se feuilleter comme un vieux bouquin pour y retrouver des saveurs d’électrophone… Le titre du livre fait référence au titre du groupe Too Much Class For The Neighbourhood (vidéo ci-dessous)

Je recommande ce livre à tous les passionnés de musique, à tous les passionnés de vie, à tous ceux qui s’interrogent sur la manière dont il faut chevaucher les fougueuses passions échevelées qui font parfois naître ces petits instants de poésie sans lesquels la vie ne vaudrait pas d’être vécue.

Dominique Laboubée était un poète et il appréciait Bouvard et Pécuchet de Gustave Flaubert. Ne serait-ce que pour ces raisons, il fallait que je publie aujourd’hui cette invitation à la lecture.

Si vous êtes dans les environs de Rouen ce dimanche 16 Septembre vous pourrez retrouver Catherine Laboubée et son livre « Too Much Class » au 7e Salon des écrivains normands. Vous pourrez ainsi acheter son livre et vous le faire dédicacer). Cliquez ici

(vous pourrez aussi m’y rencontrer, j’y serai avec La Princesse Elodie de Zèbrazur et Augustin le chien qui faisait n’importe quoi,

Sansonnets un cygne à l’envers et quelques autres bouquins cliquez ici…)

Catherine Laboubée, « Too much class… Dogs l’histoire », Editions La Belle Saison 2013. 317 pages (nombreuses illustrations). Prix 35€

Site internet de Catherine Laboubée cliquez ici.

Pour en savoir plus sur le groupe Dogs consultez le site internet qui lui rend hommage cliquez ici

« Le rire des choses » de Jean-Pascal Ansermoz

Le rire des chosesIvre à la dérive Olivier rentre chez lui. Sa journée a été désastreuse. Il vient d’être licencié de l’agence de voyages parisienne où il travaillait. Fin brutale d’une vie d’insouciance confortable. Il rentre chez lui, ouvre sa boîte aux lettres et trouve un courrier étrange : un journal de voyage, rédigé par son frère Christian qui avait disparu depuis deux ans, après avoir quitté la France pour la Mauritanie. Olivier reçoit ce message comme un appel et décide de se rendre en Afrique pour retrouver son frère. Le secourir. A partir de ce nœud Jean-Pascal Ansermoz construit un petit roman écrit dans un style sobre et efficace. La narration ous fait suivre les impressions de voyage d’Olivier et la lecture du journal de Christian. Deux trajectoires et deux points de vue s’entrecroisent donc à quelques mois d’intervalles, dans le désert de Mauritanie, dans la région de Tidjikdja.

Ce roman peut paraître au premier abord sans prétentions. Il se révèle au fur-et-à-mesure que l’on avance dans la lecture imprégné de la plus belle des ambitions : penser autrui… « Penser autrui, cette irréductible inquiétude pour l’autre » (pour reprendre une célèbre formule d’Emmanuel Levinas). En parcourant le désert Mauritanien Olivier part à la recherche de son frère Christian. On croit souvent connaître son frère mais bien souvent on ne le connaît pas. Cette quête est l’occasion de rencontres inattendues, merveilleusement humaines. Rencontre de l’Afrique et du désert. J’ai souvent songé, en lisant ce roman à des phrases du célèbre voyageur Théodore Monod, Le chercheur d’absolu (p. 65) : « J’ai eu la chance de rencontrer le désert, ce filtre, ce révélateur. Il m’a façonné, appris l’existence. Il est beau, il ne ment pas, il est propre… » Olivier traverse ce désert. Il cherche et découvre un monde énigmatique lieu d’une quête qui lui apportera bien des surprises. Les rencontres qu’il y fera ne seront pas forcément celles qu’il attendait. Dès le début du roman, avant le départ de l’avion, un mystérieux marabout avertit Olivier qu’il part pour un monde qui lui est irréductiblement étranger, un monde où tout est nouveau et à déchiffrer pour un Parisien vivant dans le confort d’un monde rassurant : « Tu sais je suis né dans le sable […] Il y en a partout. Chez nous, le sable est devant nous. Ici c’est différent. Ici les gens portent le désert en eux… » Jean-Pascal Ansermoz entraine son lecteur dans une intrigue aux multiples rebondissements d’un regard souriant et attentif il nous invite à être à l’écoute d’Africains dont le « rêve est plus fragile qu’une aile de papillon » Le récit se déroule avec la lenteur du désert : « il faut du temps. Du temps pour grandir, du temps pour se souvenir. Du temps pour aimer à nouveau… » Olivier aura à subir la traversée d’événements dramatiques. Ansermoz a placé l’intrigue de son roman en août 2005 à l’époque du coup d’Etat d’Ely Ould Mohammed Vall contre Maaouiya Oud Sid Ahmed Taya. Cette histoire est à peine évoquée, juste suggérée comme la toile de fond que traverseront les personnages du roman pour dévoiler petit à petit au lecteur le mystère qui les entoure. Qui est cette Joséphine pour laquelle Olivier se découvre soudain une fascinante attirance ? Olivier retrouvera-t-il son frère? Que lui apportera ce voyage? Autour du noeud formé par ces questions Jean-Pascal Ansermoz a réussi à construire un roman sobre, humain, généreux, palpitant dramatique et mouvementé, amoureux et mystérieux. Un livre écrit par un amoureux de l’Afrique et que je vous invite à découvrir.

Titre : « Le rire des choses »

Auteur : Jean-Pascal Ansermoz

Nombre de pages : 200

Editeur : BoD (Books on Demand)

Année de parution 2014

ISBN 978-2-32203-180-1

Quatrième de couverture

« Chaque vie porte une énergie et l’énergie jamais ne disparaît. Elle devient image, odeur, souvenir. L’équilibre persiste, même au-delà de la mort. Un fil ténu qui reste accroché à la porte qui s’est refermée »… Christian et Olivier sont deux frères que tout oppose. Quand le premier, médecin réputé et reconnu, disparaît lors d’une mission humanitaire en Afrique, le second se plonge corps et âme dans son travail à Paris. Deux ans plus tard un colis en provenance de la Mauritanie fait soudain resurgir leur passé. Olivier décide alors de partir sur les traces de son frère pour enfin faire face à ses peurs et obtenir des réponses à ses interrogations. Dans son nouveau roman Jean-Pascal Ansermoz nous emmène dans une Afrique hostile et magnifique, un continent qui est mémoire et berceau de fraternité mais où la vie n’est jamais bien loin de la mort, les souvenirs jamais loin de la folie… »

Vous pouvez commander ce livre dans toutes les bonnes librairies et notamment sur le site leslibrairies.fr

Le Rabot de Louis de Thierry Brayer

Titre: Le Rabot de Louis, Auteur: Thierry Brayer

Le Rabot de LouisEditeur BoDFrance

452 pages – 15×21 – 20 €
Roman – Saga familiale en 1 seul tome

Parution: Janvier 2016
ISBN – 9782322019502

Résumé de l’éditeur

«Le Rabot de Louis est l’histoire d’une famille française d’antihéros confrontés à eux-mêmes et à leur quotidien, et trop présents dans la petite histoire, celle des faits divers : ainsi, on parlera de Saint-Laurent-du-Pont et du Cinq/Sept, de Fréjus et du barrage de Malpasset, du CES Édouard Pailleron et d’un feu de poubelle, des attentats terroristes de Paris, des événements de Charonne, d’un poilu de Verdun, d’un fusillé de la Commune, d’un pilote tué aux 24 heures du Mans et de trains qui déraillent ; on parlera aussi de Sanson le bourreau, de Toulouse-Lautrec, de Murat, de Nadar, du père Noël. On cherchera une lettre qui tarde et un billet de loterie perdant. On écoutera mille chansons et on lira des magazines pour mieux voyager. On habitera Rouilly-sur-Mer (Normandie), Gagny, Paris et New York, mais trop tard. Comme on va en faire, des choses !

Avec cette famille de plus de soixante éléments sur neuf générations, on ressentira courage, peine, amour, haine. Il y aura de la vie mais des regrets, aussi. Et surtout, on accompagnera Camille, Adolphe, Suzanne, Cécile, Lisa, Lazare, André, Loulou, Jocelyn, Nicolas… et Louis : d’ailleurs, qui était-il, avec son rabot ?» (source: http://thierrybrayer.fr/le-rabot-de-louis/)

Mon avis de lecture

Le Rabot de Louis de Thierry Brayer est un roman facétieux et ambitieux, généreux et précieux ; un livre dont j’ai apprécié la solide charpente et l’humour distancié. L’auteur manie le plaisir d’écrire avec brio. On rit, on s’amuse, on s’émeut aussi, on est happé par la lecture. L’oeil court sur la phrase pour se réjouir de la suivante, se ferme après une mort trop tôt surgie, se rouvre sur une naissance pleine d’espérance. A partir de la saga familiale des Rabaud de 1768 à 2001 Thierry Brayer s’amuse avec la grande Histoire pour brosser le récit très romanesque de cette saga peu banale d’une famille banale. Il jongle avec ses moissons chez les brocanteurs, avec ses souvenirs musicaux (qui bien souvent rejoignent ceux du lecteur), avec les dates qui ont marqué les mémoires. Les paroles de chansons, les évocations de spectacles, les objets du quotidiens, les événements politiques et sportifs sont évoqués à l’occasion des épisodes de la saga des Rabaud. Des vies où il ne se passe rien, des vies de gens ordinaires, des vies où pourtant rien ne signifie pas rien : « C’est ainsi que Lucienne offre la vie à Adolphe le 16 juin 1874, alors qu’en France il ne se passe rien ce jour-là… » Quel est ce rien qui passe tout le long du livre ? N’est-ce pas le héros principal du livre ?

Oui peut-être…. Parce-que ce rien dont parle Thierry Brayer, c’est le passage du temps sur la vie, c’est la révolte des sentiments vertigineux en face de la banalité du quotidien, c’est le rêve qui se transmet de générations en générations malgré les drames qui parsèment les siècles qui passent. Les personnages naissent, vivent et meurent, rêvent, se réjouissent et dégringolent… Certains sont brossés d’une plume rapide, alerte, on pense à Stendhal. Défilent alors sous nos yeux les destins de femmes séduisantes, ou étonnantes, l’une est danseuse, l’autre est passionnée d’automobile, l’une d’entre elles devient parisienne. Les hommes sont aussi divers : du casanier pilier de bistrot au séduisant voyageur qui court le monde pour fuir un amour perdu. Sans cesse le récit est relancé par des surprises inattendues qui captent l’esprit du lecteur pour ne plus le lâcher. J’ai commencé ce livre en attendant l’autobus, j’ai continué à le lire dans l’autobus, puis chez moi et je ne l’ai presque plus lâché durant mes instants de loisirs. Ce fut un vrai plaisir. Par moment les désirs et les ambitions de l’une ou de l’un d’entre eux procurent l’occasion d’un développement plus long, on a beau être issu d’une famille d’artisan, on n’en naît pas moins artiste (le mot arts ne s’est pas pour rien longtemps appliqué à ses deux catégories de la population), dans la lecture de ces plus longues discussions intérieures, parfois émouvantes, j’ai à nouveau pensé à Stendhal. Mais dans le regard distancié que Brayer porte sur ses personnages il y a aussi quelque chose du Bohumil Hrabal du Soldat Chveik :

« — Ça n’sert à rien les livres. C’est les outils qui sont importants, t’entends gamin ? » la phrase est répétée à plusieurs reprises, p. 16, p. 20. Elle apparaît symbolisant étrangement le «patrimoine» de la famille Rabaud, mais aussi comme un clin d’oeil de l’auteur au lecteur. C’est une sorte de comique par antiphrase, un rappel que la lecture est toujours un temps pris à d’autres temps, un plaisir gagné sur l’urgence du temps qui file…

Le livre est d’ailleurs construit en soixante-et-un « Temps ». Le temps est ici à comprendre comme signifiant « épisode », « chapitre » ou bien « mouvement musical » peu importe (à chaque lecteur, à chaque lecture de choisir le sens qu’il veut y mettre) : ce récit dans son foisonnement peut prendre les couleurs du feuilleton populaire, d’un roman familial ou d’une symphonie de musiques concrètes qui mélangerait les bruissements de la grande et de la petite Histoire autant pour divertir que pour instruire… Chacun de ces soixante-et-un mouvements est précédé d’une citation d’auteurs mise en exergue, ayant toujours pour thème le temps qui passe. La succession de cette soixantaine de citations chapeautant les chapitres pourrait presque déjà être par elle-même un « catalogue de curiosités » une sorte de « philosophie portative » offerte au lecteur pour lui permettre d’affronter avec le sourire le torrent du temps qui passe. Ces citations, traits d’esprit font rire, sourire, réfléchir et sont à leur tour une invitation à lire ces « auteurs classiques ». L’un d’entre eux est très privilégié, Frédéric Dard, il apparaît pour trois citations, un hommage appuyé à un auteur qui était prolixe en «citations à citer» puisqu’il écrivait vite, il a beaucoup écrit. D’autres sont distingués pour leur talent de stylistes, la qualité de leurs apophtegmes. Ils ont le privilège d’apparaître pour deux citations : Victor Hugo, Jules Renard, Simone de Beauvoir, Gustave Flaubert, Albert EinsteinGuillaume Apollinaire… L’un d’entre eux, Eugène Ionesco est cité à deux reprises (au chapitre 33 et au chapitre 10) pour la même phrase dont l’humour absurde est du coup souligné par la double lecture éclairée par la progression du récit : « Vouloir être de son temps, c’est déjà dépassé… » Il y a dans ces mots quelque chose qui résume fort bien l’esprit du livre offrant un tableau quasi-cinématographique d’inconnus courant après la vie qui chaque jour se rabote et un jour se rompt. Les autres auteurs mis en exergue sont cités une fois, mais je me sens tenu d’énumérer les noms de ces auteurs mis en exergue ici, car c’est une autre manière de dire mon enthousiasme pour ce livre que d’égrener cette liste : Jean de La Bruyère, Simone de Beauvoir, Bouddha, Paul Eluard, Alphonse de Lamartine, Mère Teresa, Eugène Ionesco, Montesquieu, Albert Camus, Robert Sabatier, Antoine de Saint-Exupery, Albert Einstein, Hector Berlioz, Jean Anouilh, Miguel de Cervantès, Honoré de Balzac, Titus, Gustave Courbet, Jules Renard, Frédéric Dard, Karl Valentin, Boris Vian, Socrate, Alain-Fournier, Stendhal, George Sand, Georges Brassens, Alphonse Allais, Gilbert Cesbron, Roger La Ferté, Paul Morand, John Locke, Léo Ferré, Guillaume Apollinaire, Euripide, Georges Bernanos, Anonyme, Vassilis Alexakis, Jean-Pierre Jeunet, Hervé Bazin, Arthur Schopenhauer, Alfred de Musset, Henry-David Thoreau, Pierre Corneille, Chauvot de Beauchêne, Henri Jeanson, Marcel Aymé, Etienne Chatillez,  Jacques Prévert... Telle est la liste des auteurs placés en exergue au-dessus de chapitres dont le style, l’allure, l’humour, l’humeur et la belle facture sont bien sûr de Thierry Brayer, un auteur qui a produit un formidable travail avec ce livre,un auteur que je vous conseille vivement de lire (ainsi que tous ceux de la liste qui précède d’ailleurs).

Un livre dont la lecture m’a enthousiasmé et que je vous conseille vivement.

Présentation du roman sur le site de Thierry Brayer cliquez ici.

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