Le 17 Juillet 1919 dans L’Excelsior

Il y a cent ans, en juillet 1919, nos ancêtres vivaient leur premier été après la cruelle guerre de 1914-1918. Après quatre années rudes,  juillet recommençait à sourire. En page 5 du journal L’Excelsior, on pouvait découvrir les dernières tendances de la mode sous la rubrique, « La Semaine Élégante » on assiste (article colonne de droite) au retour du « taffetas » et des « dentelles« : «Jusqu’à ces derniers temps, le jersey de soie et le satin faisant presque exclusivement les frais des toilettes les plus élégantes, et les effilés étaient légions; j’avoue même que l’on commençait à s’en fatiguer. Il est vrai que le temps n’était pas toujours clément, et que bien des claires toilettes ne purent sortir ni pour les Drags ni pour les Grand Prix. Depuis toutes ces jolies choses nous ont été révélées à l’occasion des grandes réunions mondaines. Il y a encore beaucoup de noir et de noir et blanc, qui font des toilettes d’une grande distinction et d’un goût parfait; mais le plus grand des succès va au taffetas blanc…» Le retour des robes claires est également signalé (colonne de gauche: «À la campagne, dans les villes d’eau ou au bord de la mer, sweater et golf sont l’indispensable complément de la toilette simple. Sur la jupe blanche de toile ou de serge qu’on porte pour le tennis, pour la promenade matinale ou pour aller prendre son verre d’eau, le chandail de soie ou de laine met une note d’une agréable fantaisie. Le chandail n’est plus la veste de laine grattée que nous avons portée si longtemps. Non seulement les maisons spéciales, mais aussi les couturiers et les modistes vous proposent des golfs, des jumper, des casaques d’une agréable fantaisie…» Sur une gravure au centre: plusieurs robes sont mises en valeur par cinq jeunes femmes (dont on notera, notamment pour celles qui ne portent pas de chapeaux qu’elles ont les cheveux courts). De gauche à droite: 1° « une robe de gros shantung citron garnie d’effilés bleu marine » Jenny, 2° Robe de crêpe Georgette gris simplement drapé en paniers. Redfern 3° Robe d’organdi brodée de coton cerise, ceinture de ruban Premet, 4° Robe de crépon briséa brodée de noir et rouge Doeuillet, 5° Robe de voile de coton brodée jaune et frangée Cheruit. Évoluant sur un carrelage à grands carreaux noir et blanc, ces cinq élégantes semblent être cinq reines d’un jeu d’échec (dont le roi est peut-être le spectateur fasciné par l’image?). La guerre de 14-18, grande victoire des femmes fut un bel échec des hommes… La une de L’Excelsior du 17 Juillet 1919 semble d’ailleurs mettre en exergue cet amour des femmes en citant un apophtegme de Plaute: « Il y a quelque chose de plus fort que l’intérêt: c’est le dévouement« . Cette une annonce également une interview du Général Gouraud (qui avait perdu le bras droit (après avoir été blessé par un obus à la bataille des Dardanelles) et qui venait de participer au « Défilé de la victoire » en passant sous l’Arc de Triomphe le 14 Juillet 1919. 

Le Général Henri Gouraud (1867-1946) avait été, à partir de 1894 officier dans l’armée coloniale en Afrique, au Soudan où l’un de ses faits d’arme les plus connus a été l’arrestation (difficile) du chef mandingue Samory Touré. Le Général Gouraud a publié ses souvenirs en trois tomes intitulés « Souvenirs d’un Africain ». Ils sont disponibles dans les collections de Gallica BnF:

Souvenirs d’un Africain (tome 1) Au Soudan, 1939 (cliquez ici pour le lire sur Gallica), Souvenirs d’un Africain (tome2) Zinder Tchad, 1944 (cliquez ici pour le lire sur Gallica), Souvenirs d’un Africain (tome 3) Mauritanie Adrar 1945 (cliquez ici pour le lire sur Gallica).

Les collections numériques de Gallica BnF disposent également de plusieurs photographies de presse le représentant, deux exemples:

En 1915 en train de fumer une cigarette (cliquez ici)

En 1923 aux obsèques de Maurice Barrès (cliquez ici)

 

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