Histoire de bizangos » par Fanny Bernard

Je me suis laissé happé en une lecture d’un seul souffle dans cette nouvelle au style alerte, écrite par une amoureuse d’Haïti dont la passion est contagieuse. Fanny Bernard nous fait voir, sentir éprouver par tous les sens, tous les pores de la peau la lumière et les parfums, le tourbillonnement et les bruissements de voix, la présence charnelle et envoutante d’Haïti. À travers le regard, les sensations, les sentiments et les rêves de René, le nouveau proviseur du lycée Français de Port au Prince, le lecteur sens, éprouve et découvre Haïti, sous toutes ses facettes avec la présence vaguement inquiétante des bizangos ces papillons haïtiens à forte charge légendaire et symbolique, avec le charmes des voix, des langues et des corps, avec le mystère de présences féminines un peu énigmatiques mais vigoureusement sculptées dans la matière des mots par la plume de Fanny Bernard. Un récit bref en nombre de mots mais tellement chargé d’émotions et de passions qu’il fait durer infiniment le plaisir de la lecture. J’ai particulièrement apprécié la belle ouverture de la fin qu’il ne faut pas dévoiler. Au terme de cette lecture on ne peut que tomber amoureux d’Haïti la terre de Toussaint Louverture, île à l’histoire chaotique, soumise aux vents les plus contraires. Mais une île au charme si puissant, pourvoyeuse de tant de mots et de beautés et de tant de talents littéraires, de tant de beautés et de tendresses humaines… …que René, le vieux proviseur proche de la retraite m’a semblé au terme de cette histoire être redevenu un adolescent redécouvrant la vie…

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Sous le pseudonyme de LouBSimone, Fanny Bernard a écrit un article sur Haïti sur blog « Heureux qui comme Ulysse » cliquez ici

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Le Mauvais temps (Mové tan) par Ludvik Jean-Denis

Le Mauvais temps (Mové tan) de Ludvik Jean-Denis

Ce recueil de nouvelles est dédié par Ludvik Jean-Denis

« À mon papillon,

mon petit bout de paradis,

qui m’a inspiré tant d’histoires. »

Tout le monde aura reconnu dans ce papillon l’île de La Guadeloupe…

Ces nouvelles sont des regards attendris et nostalgiques, enracinés et fiers, amoureux et humoristiques portés sur ce grand papillon des Antilles.

Ce livre est à conseiller à toutes celles et ceux qui sont amoureux de La Guadeloupe, à toutes celles et ceux qui souhaitent faire connaissance de ce territoire des Antilles à travers les regards d’un amoureux de ce petit bout de paradis.

Cette île dont on fait connaissance est celle des Guadeloupéens. On entre pour ainsi dire dans leur psychologie, dans leur intimité. Pour de trop nombreuses personnes, La Guadeloupe est connue comme une destination touristique dont le privilège n’est pas offert à toutes et à tous. Mais si cette île est souvent trop inconnue et méconnue c’est parce-qu’on ne prend pas assez le temps de l’écouter dans sa réalité même.

Ludvik Jean-Denis propose dans ce recueil huit nouvelles qui sont comme des croquis brossés, comme des fenêtres ouvertes pour écouter les murmures de l’île. « Frère de coeur », « Un dimanche à la messe », « Solina », « Kenbwa »… Je vous laisse découvrir les autres titres en achetant le livre.

Ces nouvelles nous font entrer dans le quotidien de l’île. Elles ont pour sujet les Guadeloupéens et La Guadeloupe, les personnages, les paysages, les atmosphères, la psychologie de chacun est présenté en traits rapides, rapidement tracés, avec habileté, avec humanité…. Avec cette fragilité empreinte de maladresse (ou de mâle adresse), signe que l’auteur est humain, pleinement humain, entier. Ludvik Jean-Denis est jeune, Antillais, empli de fougue et d’amour pour son objet d’enthousiasme : écrire La Guadeloupe.

La prose de ses nouvelles est vivante, enracinée sur la terre dont il est question, ancrée dans la mer des Caraïbes. Elle évoque le goût du rhum antillais, celui qui ne s’oublie jamais si on l’a goûté une fois sous les tropiques, elle évoque l’accent antillais celui qui ne s’oublie jamais si on l’a écouté une fois avec la reconnaissance de celui qui a eu à vivre une fois dans sa vie l’immense générosité Antillaise.

Dans ces nouvelles, le sourire et l’humour, les petites passions humaines et le sublime de la nature, les sauts vertigineux dans le vide et les miracles de rencontres inattendues s’entrecroisent pour le plus grand bonheur du voyageur des mots qu’est le lecteur. Les chutes surprennent ou font sourire. Le genre de la nouvelle n’est pas facile à manier, les nouvelles de Ludvik Jean-Denis relèvent le défi. Elles sont fraîches et vives comme l’ouvrage d’un jeune écrivain qui un jour en pleine maturité nous offrira un maître ouvrage où jailliront toutes les promesses de feu d’artifices qui pétillent déjà dans ces histoires courtes.

Présentation de l’éditeur

« Depuis quelques temps, Zouti rentrait bredouille de ses virées en mer. Les fonds marins n’avaient pas le moindre poisson à lui offrir. Cette situation n’était plus tenable car il avait une grande famille à nourrir.
Jour après jour, il retournait au large de la Pointe des Châteaux, braver l’océan Atlantique houleux et capricieux comme à son habitude, avec sa petite barque.
Zouti était confiant et savait que ça mordrait tôt ou tard. Il croyait en sa bonne étoile et à son défunt père marin qui veillait sur lui. »
37 pages
Editeur: BoD
Parution: 2 mai 2018
Edition: e-book

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Micheline Cumant: Nestor, un cheval dans la grande armée, Editions BoD 2017

La bataille de Waterloo a souvent inspiré les écrivains français en offrant aux lecteurs des moments de lecture aux émotions variées, aux couleurs multiples. Il y a cette interminable description de Victor Hugo dans Les Misérables. Elle s’étend sur plusieurs pages. Elle est détaillée, précise et ciselée comme une carte d’état major. Il y a la description de Stendhal dans La Chartreuse de Parme. Le héros s’y retrouve entraîné dans un tourbillon auquel il ne comprend pas grand chose. Le lecteur s’y retrouve secoué comme dans un panier à salades. Dorénavant, il faudra ajouter à cette liste des batailles de Waterloo littéraires, celle de Micheline Cumant dans son nouveau roman paru au mois de juillet 2017. Comme chez Stendhal, la bataille est décrite de l’intérieur, mais cette fois par Nestor… Nestor le majordome du Capitaine Haddock de Moulinsart ? Non vous n’y êtes pas. Nestor est un cheval, un cheval auvergnat. « Nestor, un cheval dans la grande armée » tel est le titre de ce roman. Un roman palpitant où l’on redécouvre l’épopée napoléonienne à travers le regard du cheval Nestor et de ses amis. Ses amis sont des chevaux, autant que des être humains, tant il est vrai que le cheval est sans doute le meilleur ami de l’homme. Méfiez-vous (ceci étant dit entre parenthèses) lorsque vous dites cela de ne pas le dire devant un chien, les chiens se sont toujours imaginé que c’étaient eux les meilleurs amis des hommes, ainsi Augustin pense être le meilleur ami d’Elodie dans mon petit livre « La Princesse Élodie de Zèbrazur et Augustin le chien qui faisait n’importe quoi ». Mais fermons la parenthèse autour de cette petite histoire pour retrouver la grande histoire. Car c’est bien la grande histoire que Micheline Cumant nous fait parcourir à travers ce roman admirablement rythmé dont la cadence est donnée dès le prélude avec quatre magnifiques vers d’Edmond Rostand extraits de l’Acte 2 Scène 8 de sa pièce de théâtre « L’Aiglon » :

« Et nous, les petits, les obscurs, les sans grades

Nous qui marchions fourbus, blessés, crottés malades

Sans espoir de duchés ni de dotations

Nous qui marchions toujours et jamais n’avancions… »

Le récit de ce roman galope et entraîne le lecteur qui savoure avec plaisir une prose agile et flamboyante. Le cheval Nestor traverse l’Europe de Iéna à Moscou de batailles victorieuses en batailles victorieuses (mais peu glorieuses dans le regard des chevaux qui sont dans ce livre bien souvent plus philosophes que les hommes qui les chevauchent). Puis il la retraverse dans l’autre sens de la retraite de Russie à la bataille de Waterloo… Au milieu d’un tel maelström, d’un bout à l’autre du roman, Nestor reste sage et philosophe, dictant à Micheline Cumant ce roman qu’elle nous transmet fidèlement. On sent qu’il était en confiance car il lui a confié jusqu’à ses pensées secrètes et souvent lucides. Par exemple en plein cœur de la bataille de Waterloo :

« Au bout d’un moment, nous arrivâmes sur une chaussée pavée, j’entendis que nous étions près de Charleroi, et que les Anglais se massaient vers le Mont Saint Jean. Mais je n’eut pas le temps de discuter de stratégie avec mes confrères, car bientôt nous eûmes à charger les dragons anglais. Enfin de l’action ! »

De l’action, il y en a dans ce roman à foison, mais aussi des sentiments et une richesses de détails souvent très bien documentés, on ne trouve pas moins de 37 notes en bas de page où le lecteur est invité à s’élargir l’esprit. On y apprend que le mariage civil date en France du 20 septembre 1792 que « le fait de lécher, pour un cheval traduit souvent un manque de sel » que le 14 juin est la date des batailles de Marengo (1800) et de Friedland (1807), que « le sabretache est une sacoche de selle, placée à côté du fourreau du sabre », que la race de chevaux lipizzane, élaborée pour la cour d’Autriche au mars de Lipica, sur le territoire de l’actuelle Slovénie, près de la frontière italienne a des origines espagnoles, arabes et de Bohême. Elle est celle des chevaux de l’Ecole espagnole d’équitation de Vienne, fondée au XVIe siècle spécialisée dans le dressage de haut niveau, on y apprend enfin, dans le chapitre sur Waterloo que « La Victoire en chantant » est un chant patriotique composé par le compositeur Étienne Méhul et le poète Marie-Joseph Chénier en 1794…. » Comme Georges Perec, Nestor aime les notes en bas de page c’est peut-être aussi pour cela que j’ai trouvé ce petit roman si passionnant. Je vous le conseille vivement.

Vous pourrez retrouver Micheline Cumant lors d’une séance de dédicaces au Salon Livre Paris, le Dimanche 18 mars de 10h00 à 12h00 sur le stand E12 de BoD cliquez ici « clic » (Une séance qui sera immédiatement suivie, à 12h00 par les dédicaces de « La Princesse Élodie de Zèbrazur et Augustin le chien qui faisait n’importe quoi » par ses illustrateurs Samar et Hani Khzam cliquez ici « clic »). Si vous êtes au Salon Livre Paris le 18 mars entre 10h00 et 14h00 vous pourrez donc faire d’une pierre deux coups en achetant « Nestor, un cheval dans la Grande Armée » puis « La Princesse Élodie de Zèbrazur et Augustin le chien qui faisait n’importe quoi ».

Résumé de l’éditeur

« Et nous, les petits, les obscurs, les sans-grades… » Ainsi débute la tirade du vieux grognard Flambeau, dans la pièce « L’Aiglon », d’Edmond Rostand. Dans la Grande Armée de Napoléon 1er, il y a les hommes, mais il y a aussi les chevaux. Eux qui pendant des siècles ont porté les hommes à la guerre, et à qui on n’a jamais rien demandé, ne sont-ils pas aussi des « obscurs et sans-grades » ? La parole est donnée au cheval Nestor, qui rejoignit l’armée impériale au lendemain d’Austerlitz, et participa à l’aventure de la Grande Armée jusqu’à Waterloo. En compagnie de son cavalier, le simple soldat Henri Fourneau, il va suivre Napoléon dans sa conquête de l’Europe, mais aussi dans la retraite de Russie et affrontera la coalition des alliés au cours de la bataille qui mettra fin au Premier Empire. « Nos chevaux, ce sont nos jambes », dit le cavalier. Loin des spéculations politiques, des stratégies militaires, des luttes de pouvoir, les soldats, pour beaucoup arrachés au monde paysan, souvent illettrés, soignent leurs chevaux qu’ils considèrent comme leurs amis, cherchent à tirer de petits profits et méditent sur les desseins des grands. Avancer, se battre, tuer… La guerre, c’est leur métier, celui du soldat et celui du cheval.

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Blog de Micheline Cumant cliquez ici « clic ».

«Des hommes qui lisent» par Edouard Philippe

« Des hommes qui lisent » d’Edouard Philippe est un livre au style généreux comme on aimerait en voir plus souvent. S’il fallait le classer dans un genre, on pourrait mettre dans la case « Autoportrait en costume de lecteur ».

Dans cette catégorie sont déjà parus des ouvrages inoubliables, certains très remarquables comme « Une histoire de la lecture » ou « La bibliothèque la nuit » d’Alberto Manguel. Deux livres que j’invite vivement à lire car ils ont été écrits pour donner envie d’ouvrir une infinité d’autres livres. J’aime les auteurs qui donnent envie de lire d’autres auteurs : c’est pour cela (pour donner envie de lire Jules Verne, Jean de La Fontaine ou Boris Vian) que j’ai écrit « Ramsès au pays des points-virgules » et c’est la raison pour laquelle j’y avais inventé le personnage de l’oncle Sigismond, le bouquiniste qui veut donner à sa nièce l’envie de lire une foule de bouquins…

Ceci étant dit pour préciser pourquoi j’aime tant les « autoportraits en costume de lecteurs ».

Mais je n’avais jamais rencontré jusqu’à présent d’ « autoportrait en costume de lecteur » écrit par un premier ministre.

J’ai lu « Des hommes qui lisent » avec enthousiasme, presque d’une traite, avec cette fébrilité joyeuse que l’on éprouve en découvrant la bibliothèque d’un ami. Edouard Philippe est un homme politique. Depuis plusieurs semaines, plusieurs mois, même, son nom est la une de tous les médias, il est notre nouveau premier ministre… À l’époque où il écrivait ce livre il était maire du Havre, un maire ouvert sur la culture, désireux de développer la lecture par une politique publique intelligente et novatrice comme savent souvent en mener les élus des collectivités territoriales quand ils prennent le temps d’y penser ou d’écouter celles et ceux qui y pensent : nous avons beaucoup de chance en France d’avoir des libraires et des bibliothécaires souvent passionnés par leur travail. En écrivant ce livre, il avait d’abord pensé écrire un livre sur les politiques publiques de la lecture. En cours de rédaction, cet ouvrage s’est transformé en un objet infiniment plus généreux et humain : un autoportrait en costume de lecteur mais aussi un hommage émouvant et magnifique à son père : Patrick Philippe, un enseignant, professeur de français puis principal de collège, passionné de littérature et particulièrement du poète florentin Dante Aligheri. C’est à propos de ce poète qu’Edouard Philippe raconte une scène d’initiation à la lecture particulièrement marquante émouvante et amusante. Un instant de vie qui est comme la première note d’un accord dont les résonances dureront longtemps, bien longtemps après elle. Alors qu’il venait d’apprendre les premiers rudiments de la lecture au cours préparatoire, son papa pour vérifier qu’il savait bien lire, lui met un livre entre les main : « La Divine Comédie » de Dante. Il lui demande de déchiffrer les premières lignes :

« Au milieu du chemin de notre vie,

Je me retrouvai par une forêt obscure… »

Quelques dizaine d’années plus tard, Edouard Philippe raconte à son tour, au milieu du chemin de sa vie son parcours dans la forêt des livres, un parcours qui l’a construit comme homme, homme de culture et de convictions, devenu homme d’action, décideur politique…

Ce récit de voyage dans un monde de livres est un récit généreux car il est un partage, une invitation à lire, à voyager, à penser mais aussi à agir et à écrire. Ce livre est un questionnement : comment peut-on transmettre le plaisir de lire ? Qu’est-ce que cette lecture par laquelle chacun d’entre nous se construit ? Comment se prépare cette ascension dans des montagnes de livres ? Edouard Philippe ne prétend pas que ce voyage dans les mots soit facile, il a la modestie d’avouer qu’avant de devenir lui-même auteur, il a dû franchir des obstacles. Il n’était, paraît-il pas un champion d’orthographe lorsqu’il était enfant. Mais il raconte comment, lorsqu’il était étudiant à Science-Po son professeur d’histoire, africain d’origine Zaïroise (c’est ainsi que l’on appelait alors la République démocratique du Congo) : Elikia M’Bokolo a su le convaincre qu’être soucieux de son orthographe était une politesse adressée au lecteur. Il raconte aussi comment ce même Elikia M’Bokolo lui avait conseillé la lecture passionnante de « L’idée coloniale en France de 1871 à 1962 » de Raoul Girardet. Une lecture qui avait su lui ouvrir l’esprit au fait que l’on est obligé d’envisager le monde et son histoire dans ses complexités qui ne peuvent se résoudre à des simplifications binaires. Aujourd’hui, Raoul Girardet peut remercier Elikia M’Bokolo et Edouard Philippe, après avoir lu « Des hommes qui lisent » j’ai une immense envie de me plonger à mon tour dans « L’idée coloniale en France de 1871 à 1961 ». Ce n’est qu’un titre parmi les nombreux autres livres encore cités par Edouard Philippe pour inviter à les explorer (et cela va de Raymond Aron à Alexandre Dumas en passant par Robert Littell l’auteur de « Requiem pour une révolution »)  … N’allez toutefois pas vous imaginer que ce texte ne soit qu’un catalogue bibliographique. Il est infiniment plus que cela : un récit biographique, vivant, rythmé haletant même où l’on découvre que la boxe a des aspects littéraire insoupçonnés. Ce livre se lit comme un roman. Signe que poétique et politique sont parfois plus voisins qu’on ne le pense…

Car la conclusion enthousiasmante de ce livre c’est qu’au milieu du chemin d’une vie où l’on a déjà eu le bonheur de lire de nombreux auteurs, il reste encore de nombreux ouvrages à ouvrir qui deviennent une fois refermés de nouvelles clefs pour en ouvrir d’autres…

Un premier ministre qui partage ses lectures fait preuve de la plus belle générosité car la littérature est une richesse inépuisable, une monnaie d’échange bien supérieure à toutes les autres qui défie les règles de fonctionnement les plus obtuses de la rigueur financière…

Je vous invite vivement à ouvrir « Des hommes qui lisent » et plus vivement encore à multiplier tous les plaisirs de lecture, il n’y pas que les premiers ministre qui écrivent… Edouard Philippe invite d’ailleurs à lire un obscur fonctionnaire des eaux et forêts dénommé Jean de La Fontaine, célèbre auteur de « fables choisies mises en vers » qui sont aussi de délicieux petits pamphlets politiques contre les prétentions des hommes de pouvoir, une invitation à toujours se sentir libre et à ne pas confondre Jupiter et une vieille planche (une simple langue de bois).

« Les Grenouilles, se lassant


De l’état Démocratique,


Par leurs clameurs firent tant


Que Jupin les soumit au pouvoir Monarchique.


Il leur tomba du Ciel un Roi tout pacifique :


Ce Roi fit toutefois un tel bruit en tombant


Que la gent marécageuse,
Gent fort sotte et fort peureuse,


S’alla cacher sous les eaux,


Dans les joncs, dans les roseaux,


Dans les trous du marécage,


Sans oser de longtemps regarder au visage


Celui qu’elles croyaient être un géant nouveau ;


Or c’était un Soliveau, » (pour lire la fable intégrale cliquez là

Pour en savoir plus, écoutez l’interview d’Edouard Philippe sur France-Culture cliquez ici 

«Des hommes qui lisent» est disponible chez tous les libraires indépendants, fiche du livre sur leslibraires.fr

 

 

 

Abiola et la plante magique par Iman Eyitayo

20160826_104336Ce roman jeunesse est un coup de cœur ; le cri du cœur d’une Béninoise pour son pays de naissance ; le cri d’amour d’une petite fille pour sa grand-mère.

Il a été écrit pour transmettre et ce qu’il transmet est considérable. Il nous offre de voyager à Porto Novo, la capitale du Bénin, située sur les bords de la lagune de la baie du Bénin dans le golfe de Guinée, à quelques encablures de Cotonou. Pour ceux qui connaissent déjà l’Afrique de l’ouest ce livre évoquera sans doute une foule d’images, de sons et de saveurs. Pour ceux qui ne connaissent pas encore le Bénin (que l’on appelait Dahomey avant 1960 lorsqu’il était une colonie française) ce petit livre est une merveilleuse introduction.

Abiola, une petite fille de sept ans, rend visite à sa grand-mère à Porto Novo. Elle s’en réjouit. Mais sa « grand m’man » est trop malade pour que les enfants puissent l’approcher. Autour du sérieux de la maladie le monde des adultes a érigé une muraille. Dans sa générosité de petite fille résolue à faire plaisir Abiola cherche le moyen d’agir. De quelles forces peut disposer une enfant qui n’a pas la science des adultes ? Abiola a la chance de bénéficier de la plus merveilleuse des puissances celle qu’offre l’amitié. Hui Lin son amie Chinoise, Francis son ami Français vont apporter à Abiola leur soutien pour affronter ses peurs, peur de la maladie, peur de l’inconnu… Peut-on empêcher une petite fille de soigner sa grand-mère ? Comment Abiola parviendra à ses fins ? Ce livre explore ces passionnantes questions en transmettant des valeurs : importance de l’amitié, amour pour sa famille, discipline mais surtout le courage d’agir. Le courage d’Abiola est au cœur de l’intrigue. Pour apprendre il faut aussi savoir résister à la peur, surmonter les barrières infranchissables, apprivoiser l’inconnu. Le texte ne s’encombre pas de descriptions superflues. Il suggère, il ouvre des pistes, à chacun de continuer à explorer ce chemin à sa manière. Ce livre est léger, de la plus belle des légèretés celle de l’esprit. Les illustrations de Megane Cuvellier, imprimées en noir et blanc ne dévorent pas le texte et laissent toute sa place au déploiement d’un imaginaire coloré. J’ai lu cette histoire en retrouvant les plaisirs de lecture de l’enfance. Vous savez : celui de ces livres que l’on ne veut pas lâcher et pour lesquels on rallume, en pleine nuit, une bougie pour les lire en cachette. Le sens réel de l’expression « plante magique » du titre c’est peut-être bien cette petite chose fragile, impalpable et cependant si puissante qu’offre au lecteur l’imaginaire qui stimule l’esprit lors d’une lecture palpitante. Comment affronter la peur ? Comment affronter l’inconnu pour garder intacte sa générosité et ses capacités d’agir ? Parce-qu’il aborde avec finesse, discrétion et intelligence ces questions importantes, ce petit livre mérite d’être mis entre toutes les mains.

Auteur: Iman Eyitayo

Illustrations: Mégane Cuvelier

Titre: Abiola et la plante magique

Prix: 6,00€

Nombre de pages: 88

Editions Les plumes solidaires

ISBN: 9791096622009

Quatrième de couverture:

ROMAN JEUNESSE à partir de 7 ans.

Abiola, 7 ans ½, est une petite fille pleine d’entrain à l’approche des vacances scolaires. Seulement, cette année, quelque chose la rend triste : sa grand-mère est malade et elle est incapable de l’aider. Heureusement, son amie Hui Lin lui parle d’une rumeur qui circule dans les marchés chinois de la capitale : une fleur capable de guérir toutes les maladies pousserait chaque année, juste avant le début de la saison des pluies, à une trentaine de kilomètres de là. Toutefois, la plante serait protégée par des créatures auxquelles personne ne veut avoir affaire…

Vous pouvez acheter ce livre en ligne sur le site internet d’Iman Eyitayo cliquez ici « CLIC ». Vous pouvez aussi le trouve sur le site Amazon.fr au format papier cliquez ici « CLIC » ou bien au format numérique pour tablette Kindle cliquez là « CLIC ».

Le prisonnier de la tour de Catherine Laboubée

Le Prisonnier de la tour

J’ai passé, avec ce livre, de très passionnants instants de lecture. J’ai appris, je me suis amusé. Je l’ai lu comme un récit historique mais surtout comme un récit d’aventures.

Robert Courte-Heuse (1051-1134) fils ainé de Guillaume le Conquérant fait partie de ces personnages historiques un peu oubliés qu’on a peut-être croisé à l’école aux hasards d’un cours soporifique mais dont on ne se souvient plus guère. Le grand historien Marc Bloch, dans son ouvrage de référence « La société féodale » ne consacre que quelques mots à ce Robert fils de Guillaume, à peine une ligne, juste un membre de phrase situé après un point-virgule : « Guillaume le Conquérant donna à son fils Robert un clerc pour précepteur. » Catherine Laboubée a réussi l’exploit de faire de la biographie de ce Robert oublié un formidable roman que l’on savoure avec plaisir durant les longues siestes d’été, à l’ombre d’un pommier dans le bocage normand, au bord de la mer à l’ombre d’une voile normande ou sous un éclatant soleil italien à l’ombre d’une cathédrale normande. Dans ce récit d’aventures on voit défiler les images d’un film en technicolore, on voyage de Fécamp à Cardiff en passant par la Palestine, la Turquie et l’Italie. On voit défiler sous nos yeux le débarquement Normand de 1066 sur les côtes d’Angleterre et la bataille d’Hasting (14 Octobre 1066 il y aura 950 ans cette année), la croisade en orient de la fin du XIe siècle, le retour héroïque de Robert qui épouse à Brindisi la resplendissante Sybille de Conversano.

Toutes ces aventures sont écrites dans une langue vivante et virevoltante.

Catherine Laboubée a donné comme titre à son livre « Le Prisonnier de la tour » en hommage à une célèbre chanson de Francis Blanche immortalisée par Edith Piaf https://youtu.be/oN1UQU-O9i4

Mais en lisant la prose de ce récit dont la phrase coule et court comme dans les bons polars qui croustillent, en voyant vivre et combattre ces truculents héros du Moyen Âge c’est étrangement à une autre chanson d’Edith Piaf que j’ai pensé : aux aventures de l’américain « Browning » https://youtu.be/gUC74h6AiaI.

Dans ces formidables luttes entre seigneurs Anglo Normands du XIe siècle on peut en effet déjà voir poindre ces américains peu scrupuleux qui font la gloire des romans de la série noire. Dans ces héros de la première croisade, dans le comportement de certains féodaux, il y a quelque chose du Browning d’Edith Piaf. Ce n’est bien sûr que mon point de vue de lecteur partial et subjectif, je ne peux que vous encourager si vous souhaitez vous faire votre propre point de vue de vous procurer « Le Prisonnier de la tour » de Catherine Laboubée. Vous y découvrirez un sérieux travail historique rempli de questions plutôt que de certitudes: un livre qui ouvre l’appétit de savoir. Marc Bloch rappelait que « le grand juriste anglais Maitland disait qu’un livre d’histoire doit donner faim. Entendez : faim d’apprendre et surtout de chercher. » En lisant « Le Prisonnier de la tour » vous apprendrez beaucoup en vous amusant; le livre refermé vous aurez certainement envie d’en ouvrir une infinité d’autres.

Pour plus d’informations et pour vous procurer le livre consultez le site internet

http://www.catherine-laboubee.fr/Accueil.html

Informations de l’éditeur

Catherine Laboubée, Le Prisonnier de la tour

Editions La Belle Saison.  Prix 20€. Nombre pages 390.

ISBN 9791091323046

Quatrième de couverture

«Le Prisonnier de la Tour n’est autre que Robert de Courte-Heuse (1051-1134) le fils ainé de Guillaume le Conquérant. Quelque peu oublié de l’Histoire, il y a pourtant toute sa place, même si son parcours a souvent été éclipsé par celui de son petit frère Henri 1er Beauclerc, chouchou des chroniqueurs. Sa vie pavée d’embûches et de moments forts, a été marquée par l’aura d’un père omniprésent et peu partageur de son pouvoir, un père qu’on ne peut qu’admirer, mais qui ne laisse aucune place à autrui. C’est dans ce contexte que Robert, prêt à tout pour être digne de lui, tentera de faire ses preuves et se heurtera souvent à cette figure tutélaire.
Duc de Normandie, héros emblématique de la première croisade, Robert traversera bien des épreuves face à la soif de pouvoir de ses frères, et passera les trente dernières années de sa longue vie en prison en Angleterre après la défaite de Tinchebray.
Sa vie est celle d’un «humain» davantage que d’un conquérant, celle d’un diplomate qui se révéla un fier chef de guerre, précurseur dans bien des domaines y compris celui de l’amour courtois, un témoins de l’extraordinaire épopée que fut la conquête de l’Angleterre par les Normands et qui donna toute sa mesure dans la première croisade. Un home qui faisait passer sa vie avant tout, avant les honneurs et le pouvoir, dans un monde peu fait pour lui.»

Ma forêt musicale de Louis Thiry

Louis Thiry, Ma forêt musicaleParution du livre «Ma forêt musicale» par Louis Thiry, promenade émerveillée parmi les notes, les rythmes, les hommes, les instruments…

Vous pouvez vous procurer cet ouvrage sur le site internet de «La Flûte de Pan» en cliquant ici « clic »

Quatrième de couverture:

«Dans le monde, de l’orgue, Louis Thiry est certes connu de tous ! Ses interprétations légendaires (dont l’inoubliable intégrale Messiaen, saluée par le compositeur) et son enseignement lumineux continuent de marquer des générations de musiciens. Son secret ? Une maîtrise absolue de l’instrument, une rayonnante chaleur humaine et peut-être, avant tout, une vision émerveillée du monde qui l’entoure. Poète du son comme des mots, Louis Thiry nous livre ici un ensemble de textes qui reflètent sa joie de vivre, son besoin de partage, son amour de la nature, son bonheur d’être musicien…
Un témoignage éblouissant que l’on savoure avec délice et reconnaissance.»

Fiche du livre «Ma forêt musicale» sur le site de la boutique La Flûte de Pan cliquez ici.