Il y a cent ans: Inauguration du Pont Notre-Dame

Il y a cent ans dans L’Excelsior  un entrefilet annonçait l’ Inauguration du pont Notre-Dame par le Président Poincaré

« Le pont Notre-Dame qui sera inauguré officiellement demain par M. Poincaré, était, comme celui de la Tournelle, qui, lui, a été entièrement condamné, un grand tueur de bateaux… » pouvait-on lire dans cet article du 3 Septembre 1919 (ci-dessous reproduit, extrait des Collections Gallica BnF)

(article de L’Excelsior à lire ici).

Le Gaulois du Lundi 5 août 1907 se faisait l’écho, dans un entrefilet en première page de la nécessité  de ces travaux sur ce pont devenu « tristement célèbre pour les collisions qu’occasionne cet étroit passage ménagé entre ses arches trop nombreuses. Il y eut de ce fait, au cours des quinze dernières années, trente-cinq bateaux ou péniches coulées avec leur chargement. »

(Le Gaulois du 5 août 1907 à lire ici ).

Le Rappel du 9 avril 1895 fait ainsi mention d’un naufrage en Seine dû au pont Notre-Dame : « Hier matin, vers onze heures, le Père-Eternel, chargé de sable et remorqué par la Guêpe n° 25, a rompu son amarre et est allé se heurter contre la troisième pile du pont Notre-Dame. Il a sombré aussitôt en amont du pont, piquant une tête en avant. On n’apercevait plus, quelques minutes après, que l’arrière du chaland sortant un peu de l’eau et les deux mâts.
Quatre personnes se trouvaient sur le bateau, trois d’entre elles se jetèrent à l’eau et gagnèrent l’une une barque voisine, les autres un bateau-mouche qui remontait la Seine et qui s’était arrêté pour secourir les naufragés.
Le quatrième marinier, moins prévoyant, avait voulu, malgré les avis de ses camarades, descendre dans la cabine pour prendre ses effets, espérant pouvoir remonter avant que le bateau coulât. Depuis, on ne l’a pas revu… M. Lépine, préfet de police, qui, on le sait, fait tous les matins une promenade pédestre à travers Paris, se trouvait sur le pont Notre-Dame quand l’accident s’est produit. Aussi a-t-il pu faire organiser le premier les secours nécessaires… » (article à consulter ici dans les collections Gallica BnF ).

Pour que que des aventures comme celle du naufrage du Père-Éternel, sous une voûte de Notre-Dame ne se reproduisent pas, il était donc important que cette restauration de 1907 soit décidée…

Avant cette restauration due à la IIIe République, le pont Notre-Dame avait eu une histoire, belle et mouvementée, relatée dans plusieurs ouvrages (par exemple dans les « Recherches critiques, historiques et topographiques sur la ville de Paris, depuis ses commencements connus jusqu’à présent. » du Sieur Jean-Baptiste-Michel Renou de Chauvigné dit Jaillot publié entre 1772 et 1775.).

On y apprend que « Ce Pont aboutit aux rues de la Lanterne & Planche-Mibrai, il facilite par-là une communication en droite ligne de la Porte Saint-Jacques à celle de Saint-Martin. Du Breul, Sauval, les Historiens de Paris, & M. Piganiol, disent unanimement que ce Pont fut commencé en 1412… » Auparavant, selon Jean-Baptiste-Michel Renou de Chauvigné dit Jaillot, il n’existait apparemment qu’une installation provisoire, bricolée avec quelques vieux tonneaux : « Au reste, on ne peut guère douter que ce Pont n’existât longtemps avant l’époque qu’on lui donne. Raoul de Presle, qui vivoit sous Charles V, parle d’un Pont de fust, c’est à dire d’un pont de bois, qui existoit en cet endroit. » il ajoute que « Dans un manuscrit cité par D. Marrier, il est indiqué sans nom, sous ces termes simples, Le pont que l’on passoit à Planches. » et que « Le Journal de Paris, sous le règne de Charles VI, l’appelle le Pont de la Planche de Milbrai. ». C’était vraisemblablement un ouvrage bien précaire et bien fragile, puisque la« Ville se trouva obligée, en 1412, de le reconstruire ; […] Le nouveau Pont fut construit en bois : le dernier Mai 1413, le Roi y mit le premier pieu, le Dauphin, les Ducs de Berri & de Bourgogne & et le Sire de la Trémoille eurent part à la cérémonie : il fut nommé le Pont Notre-Dame. »

Lui non plus n’était pas très solide nous précise le Sieur Jaillot : « On voit par un Arrêt du 13 Février 1440, qu’il avait déjà besoin de réparations & et qu’il fallait obvier à sa démolition & destruction. Le 25 Octobre 1499, à neuf heures du matin, ce pont fut emporté en entier, & il fut décidé de le rebâtir en pierre. » Jean-Baptiste-Michel de Chauvigné dit Jaillot, nous apporte à ce sujet des informations très précises : « la première pierre fut posée par Guillaume de Poitiers, Seigneur de Clérieu, Gouverneur de Paris, le 28 Mars 1499, & le lendemain la seconde le fut par M. Jean Bouchart, Conseiller au Parlement, accompagné des cinq Commis à l’Administration de la Ville. » Les travaux mirent ensuite du temps à se terminer et les historiens du XVIIIe siècle n’étaient pas tous d’accord sur la durée de cette construction :

«  Une inscription mise sous une arche de ce Pont & qui porte que le 15 Juillet 1507, fut assise la dernière pierre de la sixième et dernière arche du Pont Notre-Dame a fait dire aux Historiens de Paris & à M. Piganiol, que c’était un titre décisif pour prouver que ce Pont avait été fini cette même année, & et que malgré cela, Le Maire & Sauval ont assuré qu’il ne fut commencé qu’en 1507 et achevé en 1512 ; & Don Félibien ajoute qu’il n’en rapporte aucune preuve… » suit un raisonnement très argumenté d’où Jean-Baptiste-Michel Renou de Chauvigné dit Jaillot conclut : « Ainsi l’on voit que si la dernière pierre de la dernière arche fut mise en 1507, ce pont ne fut réputé fini qu’en 1512, temps auquel furent achevées les maisons qu’on a construite dessus. »

Ce pont de pierre n’était donc pas qu’un passage, il était aussi lieu d’habitation, on y comptait selon les auteurs entre trente-quatre ou soixante-huit maisons… C’était semble-t-il trop présumer de sa solidité. Jean-Baptiste-Michel Renou de Chauvigné dit Jaillot nous explique :

« On voit cependant qu’en 1540, il avait besoin de réparations, qu’en 1577, il y avait deux arches fort endommagées, & qu’ils fut encore réparé en 1659… »

Bref, on prend conscience en lisant ces lignes du XVIIIe siècle que les monuments du passé étaient bien fragiles, et qu’un pont mérite d’être soigneusement entretenu si l’on veut qu’il ne parte pas à la dérive… Ce n’était pas ce pont du XVIe siècle qui avait été responsable du naufrage du Père-Eternel mais on va constater que lui aussi était dangereux pour la navigation…

S. Dupain, ancien chef de section à la Préfecture de la Seine a publié en 1882 une monographie détaillée et argumentée  sur Le Pont Notre-Dame (disponible dans les collections Gallica BnF ici ). S. Dupain était bien placé pour rédiger cette brochure. Il dirigeait « le bureau où se traitent à la Préfecture de la Seine, les affaires des Ponts et Chaussée ». Il était en poste au moment où il avait été décidé (dans les années 1850) de construire le nouveau pont Notre-Dame responsable du naufrage du Père-Eternel sous les yeux du préfet Lépine (voir plus haut). Son témoignage mérite donc que l’on s’y attarde…

En citant les chroniqueurs de l’époque, S. Dupain apporte d’utiles précisions sur la construction de 1499 du pont Notre-Dame en pierre. Le 25 Octobre 1499 quand fut emporté le pont de bois, le Roi Louis XII était à Milan. Il envoya donc à Paris « Jehan de Doyac pour donner la conduicte et de refaire ledit pont. ».

Contrairement au Sieur Jaillot, S. Dupain estime que le pont a été totalement achevé en 1507 par la pose de la dernière pierre qui a été l’occasion d’une grande fête réunissant de hauts dignitaires ainsi qu’une fanfare ainsi que le rapporte un chroniqueur de cette année-là :


« Soit mémoire, que le samedy, dixième jour de juillet mil cinq cens et sept, environ sept heures du soir, par noble homme Dreux Raguier, escuyer, seigneur de Thionville, Prévost des Marchands, et sire Jean Lelièvre, maître Pierre Paulmier, Nicole Seguier et sire Hugues de Neufville, Eschevins de la Ville de Paris, fut assise la dernière pierre de la sixième arche du pont Notre-Dame à Paris, et à ce faire étoit présent grande quantité de peuple de la dite Ville, par lequel, pour la joie du parachèvement de si grande et magnifique œuvre, fut crié Noël et grande joie démenée, avecques trompettes et clairons qui sonnèrent par longue espace de temps. »

Les contemporains admiraient la réalisation de ce pont de 1507 pour sa beauté et sa solidité. Ils en faisaient le plus beau pont d’Europe : Tous les historiens ont fait l’éloge de sa construction. « Au milieu d’iceluy, a dit Corrozet, sont les images, de costé et d’autre, de Notre-Dame et de saint Denys, avec les armes de la Ville. Il est pavé ainsi que les rues, comme aussi sont les autres ponts, ensorte que les passants estrangers pensent estre en terre ferme. Brief, quand à la structure des ponts, c’est le seul chef-d’œuvre de toute l’Europe »

S. Dupain rappelle toutefois que ce qui rendait le pont admirable à l’époque (notamment à cause des maisons qu’il soutenait, le rendrait condamnable au regard des règles de l’urbanisme moderne. Il profite de la visite du Dey d’Alger pour nous l’expliquer :

« En 1552, lorsque l’ambassadeur du Dey d’Alger vint à Paris, le conseiller municipal Jacques Gohori, chargé de lui montrer ce qu’il y avait de curieux, raconte qu’il le vit admirer la structure et l’immensité de la Cathédrale, la magnificence du Louvre, la force et la solidité de la Bastille ; mais que lui ayant fait remarquer, en sortant du pont Notre-Dame, qu’il venait de traverser une rivière, son admiration redoubla et qu’il confessa avoir cru marcher sur la terre ferme.

On n’a pas oublié que la même illusion se produisait quand le pont n’était qu’en bois. Elle tenait à ce que ses maisons joignaient immédiatement celles des rues voisines, attendu qu’il n’y avait pas encore de quais qui les en séparassent. Nos idées sont bien changées depuis lors ; loin d’attacher quelque intérêt à ce qui, en ce temps-là, causait une sorte de ravissement, on le considérerait aujourd’hui comme un inconvénient grave. »

S. Dupain explique ensuite que ce pont Notre-Dame du XVIe siècle avait également fini par devenir très dangereux pour la circulation des bateaux. Outre le fait qu’il menaçait de s’écrouler, ces cinq arches ne pouvaient plus permettre le passage des bateaux :

« Des cinq arches qui restaient à ce pont, celle qui tenait à la rive droite était barrée par un déversoir, et les deux suivantes se trouvaient obstruées par des moulins, en sorte qu’il n’y en avait que deux de libres, et encore le passage par l’une d’elles était, à de certains moments, si dangereux pour les bateaux qu’on l’avait surnommée l’arche du diable. »

Ce pont interrompait tellement le trafic fluvial qu’il obstruait également le passage des poissons :

« Il a existé longtemps, sous une des autres arches, un instrument de pêche appelé Dideau ou Guideau, que la Ville louait à son profit. Elle n’en retirait, à l’origine, que 200 livres par an ; mais il lui en rapportait 600 en 1692 et 1,000 en 1786. C’est là que fut pris, en 1735, un si beau poisson que les officiers municipaux crurent devoir en faire présent au Roi. C’était un esturgeon qui mesurait 6 pieds 8 pouces de longueur. Cet engin a été supprimé en 1809… »

Malgré ses faiblesses ce pont fut dès ses débuts admiré et plutôt que de passer par le pont au change (qui était en bois, et délabré) François Ier avait choisi ce nouveau pont de pierre comme « voie triomphale» le 15 Février 1514 en revenant de Reims où il s’était fait sacrer vingt jours auparavant.  Il fut reçu à Paris, suivant Félibien, avec toutes les marques de joie et d’honneur auxquelles il pouvait s’attendre, et voulut passer sur le pont Notre-Dame, pour se rendre à l’église métropolitaine, parce-que l’autre n’était pas trop sûr, Les grandes eaux et les glaçons l’avaient, en effet, mis en péril imminent. »

Quand Louis XIV revient à Paris le 26 août 1660 après avoir épousé la fille du roi d’Espagne, Marie-Thérèse d’Autriche il entra avec elle à Paris, a dit le président Hénault, dans le plus grand appareil et avec la plus grande magnificence que l’on eût encore vue. Nos Édiles, voulant effacer l’impression fâcheuse qu’avaient pu laisser les troubles de la Fronde dans l’esprit du jeune monarque, ne se montrèrent pas moins empressés que leurs prédécesseurs l’avaient été, dans des circonstances semblables, et le pont Notre-Dame, qui venait d’être remis presque à neuf, reçut une superbe décoration. Une niche surmontée d’un dais sculpté fut pratiquée dans chacune des quatre maisons d’angle. On y plaça les statues, en pied, de saint Louis, Henri IV, Louis XIII et Louis XIV, revêtus du manteau royal. Sur les chaînes en pierre de taille qui séparaient les maisons étaient adossés de grands termes d’hommes et de femmes composés d’un demi-corps et d’une gaine à trois faces, peinte en marbre de différentes couleurs. Ces figures, ornées de festons, se tenaient par la main et portaient sur leurs têtes des corbeilles pleines de fleurs et de fruits. Dans les entre-deux pendaient des médaillons d’environ trois pieds de diamètre, relevés en couleur de bronze et contenant les portraits de tous les rois de France, avec leur nom, la date de leur avènement à la couronne, et une devise en latin, exprimant le trait caractéristique de chacun d’eux. »

En 1769, par Lettres patentes du Roi, décision est prise de démolir les maisons situées sur le pont Notre-Dame, elle sont considérées comme insalubres. Cette démolition sera effective en 1786. On en profite pour élargir la chaussée du pont et pour en atténuer la pente.

À la fin du XVIIIe siècle le pont Notre-Dame devait être en excellent état puisqu’on estimait qu’il n’avait pas besoin d’être entretenu car suffisamment conservé…

« A la Révolution, le pont Notre-Dame prit le nom de « pont de la Raison » et le porta pendant quelque temps. Son entretien, auquel jusqu’alors la Ville avait eu à pourvoir, passa, avec celui des autres grands ponts de France, à la charge de l’État. Nous n’avons rien de particulier à signaler au sujet de cet entretien qui ne dut jamais coûter bien cher, attendu que, suivant l’observation faite par l’ingénieur Gauthey, dans son Traité des ponts, les ouvrages étaient bien conservés et que, quoique la pierre de Paris ne soit pas généralement bonne, il fallait qu’elle eût été bien choisie, car on y remarquait très peu de dégradations. »

Au XIXe siècle on décida néanmoins de construire un nouveau pont Notre-Dame car il était trop haut par rapport aux chaussées des rues parisienne. En 1853, on détruisit donc le pont Notre-Dame pour en construire un nouveau, trois mois après le mariage de l’Empereur Napoléon III (ainsi que le rappelle avec sa précision de chef de bureau S. Dupain) :

« Une Notice sur les ponts de Paris, insérée, en 1864, dans le recueil des Annales des Ponts et Chaussées, contient qu’à raison de l’activité imprimée aux travaux que nous venons de décrire le cortège qui se rendait à Notre-Dame, le jour de la célébration du mariage de l’Empereur, a pu passer sur le nouveau pont. L’auteur avait, sans doute, oublié que ce mariage avait eu lieu civilement, le 29 janvier 1853, et qu’on avait procédé, dès le lendemain, à la cérémonie religieuse, c’est-à-dire trois mois avant que l’on commençât la démolition de l’ancien pont. C’est donc sur cet ancien pont et non sur le nouveau qu’est passé le cortège. On doit regretter que cette singulière inadvertance ait été reproduite, en 1873, dans les Documents statistiques sur les routes et ponts, publiés par l’Administration des Travaux publics et qui, dès lors, ont un caractère officiel. N’est-ce pas le cas de répéter avec le poète, en récapitulant toutes les autres erreurs que nous avons relevées, dans le cours de cette notice : Et voilà justement comme on écrit l’histoire? »

Le pont Notre-Dame tel qu’il était en 1853 avant sa démolition

 

Le pont Notre-Dame après sa reconstruction en 1873. C‘est ce pont qui posait problème au trafic fluvial entre 1890 et 1907 et que l’on dû détruire pour construire celui que le président  Poincaré avait inauguré il y a cent ans…

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Le 17 Juillet 1919 dans L’Excelsior

Il y a cent ans, en juillet 1919, nos ancêtres vivaient leur premier été après la cruelle guerre de 1914-1918. Après quatre années rudes,  juillet recommençait à sourire. En page 5 du journal L’Excelsior, on pouvait découvrir les dernières tendances de la mode sous la rubrique, « La Semaine Élégante » on assiste (article colonne de droite) au retour du « taffetas » et des « dentelles« : «Jusqu’à ces derniers temps, le jersey de soie et le satin faisant presque exclusivement les frais des toilettes les plus élégantes, et les effilés étaient légions; j’avoue même que l’on commençait à s’en fatiguer. Il est vrai que le temps n’était pas toujours clément, et que bien des claires toilettes ne purent sortir ni pour les Drags ni pour les Grand Prix. Depuis toutes ces jolies choses nous ont été révélées à l’occasion des grandes réunions mondaines. Il y a encore beaucoup de noir et de noir et blanc, qui font des toilettes d’une grande distinction et d’un goût parfait; mais le plus grand des succès va au taffetas blanc…» Le retour des robes claires est également signalé (colonne de gauche: «À la campagne, dans les villes d’eau ou au bord de la mer, sweater et golf sont l’indispensable complément de la toilette simple. Sur la jupe blanche de toile ou de serge qu’on porte pour le tennis, pour la promenade matinale ou pour aller prendre son verre d’eau, le chandail de soie ou de laine met une note d’une agréable fantaisie. Le chandail n’est plus la veste de laine grattée que nous avons portée si longtemps. Non seulement les maisons spéciales, mais aussi les couturiers et les modistes vous proposent des golfs, des jumper, des casaques d’une agréable fantaisie…» Sur une gravure au centre: plusieurs robes sont mises en valeur par cinq jeunes femmes (dont on notera, notamment pour celles qui ne portent pas de chapeaux qu’elles ont les cheveux courts). De gauche à droite: 1° « une robe de gros shantung citron garnie d’effilés bleu marine » Jenny, 2° Robe de crêpe Georgette gris simplement drapé en paniers. Redfern 3° Robe d’organdi brodée de coton cerise, ceinture de ruban Premet, 4° Robe de crépon briséa brodée de noir et rouge Doeuillet, 5° Robe de voile de coton brodée jaune et frangée Cheruit. Évoluant sur un carrelage à grands carreaux noir et blanc, ces cinq élégantes semblent être cinq reines d’un jeu d’échec (dont le roi est peut-être le spectateur fasciné par l’image?). La guerre de 14-18, grande victoire des femmes fut un bel échec des hommes… La une de L’Excelsior du 17 Juillet 1919 semble d’ailleurs mettre en exergue cet amour des femmes en citant un apophtegme de Plaute: « Il y a quelque chose de plus fort que l’intérêt: c’est le dévouement« . Cette une annonce également une interview du Général Gouraud (qui avait perdu le bras droit (après avoir été blessé par un obus à la bataille des Dardanelles) et qui venait de participer au « Défilé de la victoire » en passant sous l’Arc de Triomphe le 14 Juillet 1919. 

Le Général Henri Gouraud (1867-1946) avait été, à partir de 1894 officier dans l’armée coloniale en Afrique, au Soudan où l’un de ses faits d’arme les plus connus a été l’arrestation (difficile) du chef mandingue Samory Touré. Le Général Gouraud a publié ses souvenirs en trois tomes intitulés « Souvenirs d’un Africain ». Ils sont disponibles dans les collections de Gallica BnF:

Souvenirs d’un Africain (tome 1) Au Soudan, 1939 (cliquez ici pour le lire sur Gallica), Souvenirs d’un Africain (tome2) Zinder Tchad, 1944 (cliquez ici pour le lire sur Gallica), Souvenirs d’un Africain (tome 3) Mauritanie Adrar 1945 (cliquez ici pour le lire sur Gallica).

Les collections numériques de Gallica BnF disposent également de plusieurs photographies de presse le représentant, deux exemples:

En 1915 en train de fumer une cigarette (cliquez ici)

En 1923 aux obsèques de Maurice Barrès (cliquez ici)